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L’étoffe de crin, de Challes (72) à la Maison Blanche…

Elle avait quasiment disparu mais l’étoffe de crin fait un retour remarqué dans le petit milieu des étoffes de prestige. Les présidents américains, au même titre que Chanel ou Hermès, se sont approprié ce produit que les architectes et décorateurs mettent aujourd’hui à portée des particuliers.

A l’opposé de rutilantes fabriques surgonflées et tributaires de la course à la productivité, l’usine Le Crin, basée à Challes (Sarthe), semble figée dans le temps depuis 1814. De ses ateliers sortent chaque jour quelques mètres d’une précieuse étoffe prisée, dans le monde entier, des décorateurs, designers et autres grands couturiers. Entretien avec Olivier Nourry, directeur artistique et général de la société CEDA, propriétaire de cette entreprise.

L’étoffe de crin, de Challes (72) à la Maison Blanche…Travaux.com : Peut-on définir le crin comme un produit de luxe ?

Olivier Nourry : Tout dépend ce que vous entendez par produit de luxe. S’il s’agit de qualité, oui. Le crin est un produit particulier, entièrement naturel. Il est très peu salissant, il a la brillance, la fraîcheur de la soie et affiche une souplesse étonnante. Il s’agit surtout d’une matière quasi inusable. On peut également mettre en avant sa rareté. Nous sommes les seuls au monde à le tisser à la main, et chaque métier manuel de l’atelier produit chaque jour 3,50 mètres pour 65 cm de large. Le prix varie de 270 à 300 euros le mètre linéaire.

Quels sont, sur le marché de la décoration, les principaux utilisateurs du crin ?

[pub]Il s’agit d’un produit employé par les décorateurs et les architectes, surtout. Il permet la réalisation d’unis, de jacquards, ou de médaillons par exemple, il est notamment utilisé dans le recouvrement des murs. Concernant les particuliers, il permet de redonner du cachet à de très beaux meubles, de les restaurer comme à l’origine. A l’époque haussmannienne, déjà, posséder un médaillon de crin dans son appartement parisien constituait une fierté, une tendance très appréciée. Ne vous y trompez pas, cependant, les designers contemporains, eux aussi, aiment travailler avec ce produit.

L’étoffe de crin, de Challes (72) à la Maison Blanche…Votre produit s’exporte désormais dans le monde entier…

Nous avons conquis de nouveaux marchés, les américains, par exemple, sont très friands de cette matière. Nous avons ainsi équipé, il y a quelques années, la Maison Blanche. Nous exportons également en Australie ainsi qu’au Moyen-Orient et en Asie. En France, nous avons eu des commandes au Louvre, ainsi qu’au Sénat, notamment.

Outre sa fonction dans l’ameublement, êtes-vous parvenu à décliner autrement l’utilisation du crin ?

Nous avons travaillé avec la haute couture. Chanel a utilisé le crin pour réaliser des vestes femme. Il s’agit, comme je vous le disais, d’une matière exceptionnelle. Elle revient comme un ressort, fait vivre le vêtement, lui donne un certain gonflant. Nous avons également travaillé avec Hermès, pour la bagagerie, et nous réalisons désormais des voilages. Cela permet d’étendre la notoriété du produit.

L’étoffe de crin, de Challes (72) à la Maison Blanche…Comment recrutez-vous vos ouvriers ?

Ils proviennent d’horizons divers, nous les formons à l’atelier. Six à huit mois sont nécessaires à l’apprentissage des machines. Nous travaillons sur de vieux métiers. Nous les restaurons parfois, en allant les chercher dans les arrières cours ou les garages d’habitants de la région, en récupérant des pièces. Cela participe à la tradition, au savoir faire de l’entreprise. Travailler à l’atelier nécessite une grande précision, ainsi que beaucoup de patience. Au début de la chaîne, chaque fil de crin est lissé à la main, imaginez la dextérité indispensable à cette étape de la production !

Comment sont choisis les chevaux qui fournissent ce fameux crin ?

Il s’agit de chevaux de Chine, soigneusement sélectionnés et élevés en pleine nature. Pour préserver la qualité du produit, ils ne doivent pas être au contact de barbelés, ni même d’arbres.

L’étoffe de crin, de Challes (72) à la Maison Blanche…Comment la société Le Crin a-t-elle été fondée ?

L’atelier existait depuis bien longtemps, il enchaînait cependant les dépôts de bilan. Je pense que cela était dû à la taille trop petite de la société, qui ne lui conférait pas assez de visibilité. Au sein de CEDA (Créations Editions D’étoffes d’Ameublement), basée à Paris, Le Crin ne représente que 8 à 9% du chiffre d’affaires global. Il est en effet, depuis 1995, drainé par nos autres marques (Ndlr : Métaphores et Verel de Belval).

Collections crin visibles à Paris, showrooms 5 rue Furstenberg, 75006 Paris ou 6 rue du mail, 75002 Paris. www.ceda-creations.fr

Commentaires

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  • fanfan Publié le

    bonjour
    nous sommes de la sathe pouvons -nous visite l’entreprise l’etoffe de crin et quand merci.

  • angelique Publié le

    bonjour, serait il possible de visiter votre entreprise ce week end ? car c’est journée patrimoine, cela fait un an que j’attends que vous l’ouvrez lors de la journée patrimoine
    Merci beaucoup pour votre réponse cordialement

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