Accueil > Travaux > Façades > Les façades en béton

Les façades en béton

Si l’on sait aujourd’hui parfaitement réparer le béton, l’importance du diagnostic est souvent sous-estimée. Comme est sous-estimée la difficulté à réparer le béton brut utilisé avant guerre, un «travail d’orfèvre», selon les spécialistes.

Les façades en bétonHors cas exceptionnels, les causes de la dégradation des façades en béton sont connues : mauvaise qualité du béton utilisé après guerre, porosité du béton, position inadéquate de l’armature, développement de champignons et de mousse entre le mur et l’enduit, sensibilité à la pollution et à l’humidité. Combinées, ces deux dernières sources d’agression peuvent se révéler particulièrement néfastes, notamment par le biais des pluies acides qui touchent souvent les grandes villes.

Parmi les autres problèmes qui peuvent survenir, existent également les traces de rouilles, «provenant des armatures en métal, lorsque celles-ci commencent à être mises à nu», explique José Cifuentes, gérant de l’entreprise Bati-Peint à Bondy (93). «Peuvent également se produire des mouvements de terrains ou encore des chocs thermiques chaud/froid», complète Jean-Eric Bosque, de la société France-Façade à Toulouse (31). Par ailleurs, la main de l’homme peut également causer des dégâts : un enduit antérieur mal posé par exemple ou encore des travaux annexes, comme la pose de fenêtres par exemple.

[pub]Les façades avec un crépi en ciment, en chaux ou adjuvants plastiques sont particulièrement sensibles à ces différents cas de figure. On assiste alors, pour les effets les plus dommageables, à des déformations et des fissurations des parois. Pour mesurer l’ampleur des dégâts, avant même d’entreprendre des travaux, un diagnostic préalable s’impose qui consiste, à partir de sondages, à déterminer les zones endommagées et l’importance des réparations à effectuer. Ce diagnostic peut être établi par un architecte, le façadier lui-même voire un cabinet d’expert. «La pathologie la plus courante, 95% des cas, consiste en traces de rouille sur les points sensibles de la façade», explique Martine Masson, directrice communication et formation chez Sika. C’est toute la difficulté car il faut absolument vérifier s’il n’y a pas d’autres causes à la dégradation, par exemple un balcon mal ferraillé. En effet, si la bonne cause n’est pas déterminée, le budget investi dans le ravalement peut être perdu.

Après avoir ‘pioché’ le revêtement existant, c’est-à-dire la technique qui consiste à enlever complètement l’enduit sur le mur pour le voir tel quel et avant le ravalement proprement dit, le façadier doit souvent se faire maçon. Pour traiter les fissures, il existe plusieurs cas de figures : de la pose d’agrafes à ‘l’entoilage’, «une toile posée sur les plus grosses fissures», selon Jean-Eric Bosque, voire la reconstitution du béton à partir d’un mortier. Le crépi est moins problématique puisqu’il s’agit de repasser une couche du produit.

Les façades en bétonNe reste plus qu’à opérer les finitions, une simple peinture d’extérieur lasurée parfois, «à condition que le béton soit parfait», estime José Cifuentes. Sinon, il s’agit de passer un enduit épais ou semi-épais, suivant qu’il s’agisse d’une bâtisse neuve ou ancienne, qui peut être posée sur la façade de manière mécanique – avec un pistolet en une seule fois – ou manuellement. Cette deuxième méthode à la préférence de Jean-Eric Bosque. Même s’il faudra plusieurs couches, «cette méthode de travail permet de créer des effets : talochés, roulés, rustiques ou granulés», qu’il n’est pas facile d’obtenir avec le procédé mécanique.

La pose manuelle se fait surtout pour les crépis ‘traditionnels’, à base de chaux. Il existe toutefois des résines acryliques (les revêtements plastiques épais (RPE) ou semi-épais) prêts à l’emploi et utilisées pour la construction neuve. Dans chaque cas les prix varient en fonction de la quantité et de l’adhérence du produit. A noter qu’un revêtement d’imperméabilisation est indispensable.

Quant à la couleur, celle-ci dépend du contexte architectural de la région, des documents d’urbanisme et de l’avis de l’architecte des Bâtiments de France quand celui-ci est obligatoire. Toutefois, les professionnels ont noté quelques changements de tendance. «Les demandes de couleurs vives, jaunes et roses, très demandées il y a encore quelques années ont complètement disparu», note Jean-Eric Bosque. Pour José Cifuentes, «on est revenu à des couleurs claires, des tons pierres, voire blanc cassé». Bref des teintes qui grisaillent face aux éléments et qui permettent de créer là encore une cohérence.

Un mot pour ce qui concerne les bétons bruts, utilisés dans l’habitat ancien. Dans ce cadre, la qualité de mise en œuvre est impérative car il s’agit d’un «travail d’orfèvre» selon Martine Masson. De fait, ces bétons – utilisés au début du siècle et avant guerre quand le béton était (encore) considéré comme un matériau noble – sont d’une telle qualité qu’ils commencent à peine aujourd’hui à nécessiter réparation. C’est le cas notamment des bétons colorés utilisés par Auguste Perret lors de la reconstruction du Havre.

Là les solutions ne sont pas légions. «Non seulement l’utilisation de produits NF s’impose mais il faut s’adresser à une entreprise spécialisée dans la rénovation de monuments historiques», dit-elle.

Christophe Leray

Poster un commentaire

Une question ? Une réaction à cet article ? N'hésitez pas à laisser votre message ci-dessous:

Champs obligatoire

Vous êtes un professionnel

Opportunités de chantiers à saisir !

Être rappelé pour en profiter

Articles récents


Newsletter

Votre demande d'inscription a bien été prise en compte.

Professionnels du bâtiment

Nous avons des opportunités de chantiers pour vous !

Remplissez rapidement votre carnet de commandes avec des chantiers qui vous rapportent !

En savoir plus