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Plan de maison : une maison HQE en terre cuite dans le Jura

Joël Bullier, patron de l’entreprise Constructions Bullier dans le Jura (39), a toujours privilégié la qualité dans les maisons qu’il construit. Mais quand un client lui a demandé une maison HQE et parfaitement autonome d’un point de vue énergétique, il s’est trouvé face à un sacré challenge. Qu’il a relevé parfaitement avec… de la terre cuite.

Découverte au travers du témoignage de Joël Bullier.

Plan de maison : une maison HQE en terre cuite dans le JuraLe chantier de la maison Haute Qualité Environnementale (HQE) de Sermange (39) illustre les multiples avantages du système constructif terre cuite : préservation de l’environnement, meilleures conditions de travail des artisans-maçons, productivité accrue, gestion simplifiée du chantier et du confort intérieur pour les futurs occupants. Cette maison de 136m², construite sur une parcelle de 2.343m², comporte un étage ainsi qu’un sous-sol. Joël Bullier est un constructeur engagé depuis de nombreuses années dans une démarche de qualité (certification NF Maison Individuelle). Il a mis en oeuvre une solution reposant sur les performances environnementales d’un système constructif complet en terre cuite. Ces matériaux que sont le Monomur de 30cm, briques de cloison, tuiles terre cuite associées à des tuiles photovoltaïques, hourdis et boisseaux permet de répondre à la demande du propriétaire, particulièrement sensible aux enjeux du développement durable.
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“Le maître d’ouvrage avait une philosophie très marquée vis-à-vis du respect de l’environnement. Il nous a donc proposé un gros challenge puisqu’il souhaitait une maison qui soit, au maximum, totalement autonome en terme de consommation d’énergie ; des tuiles photovoltaïques (10m²) pour les besoins en éclairage et le fonctionnement des appareils ménagers, des capteurs solaires pour le chauffage, sol y compris et l’eau chaude ; une réserve pour les eaux de pluie, un puits canadien, l’utilisation de bois non traité, etc. Il y avait enfin des contraintes architecturales puisque la maison est construite dans un site classé.

Le maître d ‘ouvrage n’a pas trouvé d’architecte pour son projet. Il est vrai que la difficulté pour l’architecte, dans une telle situation, est de trouver les entreprises capables de le mettre en oeuvre. Le maître d’ouvrage s’est donc retrouvé seul avec son projet. Comme je dirige une entreprise de construction générale et que je dispose de personnel compétent et formé dans tous les corps d’état, je suis allé le rencontrer. Je l’ai prévenu que je ne connaissais pas la plupart des choses qu’il demandait, comme le puits canadien, mais que s’il était prêt à m’aider et à s’impliquer dans le projet, je voulais bien faire l’effort. Au final, en totale concertation, le projet a été réalisé en moins d’un an.

~img d~Nous avons rencontré plusieurs types de difficultés. Par exemple, nous avons eu du mal à trouver du bois non traité à des prix corrects puis ensuite à trouver un traitement qui ne soit pas polluant. Le plus difficile peut-être fut de travailler avec les Bâtiments de France puisqu’il s’agit d’un site classé. L’architecte des Bâtiments de France nous a un peu réduit la surface de photovoltaïque par exemple mais le projet a finalement été accepté. Une autre difficulté fut de trouver des tuyaux en terre cuite pour le puits canadien. Nous avons fini par en trouver en Hollande, ce qui allait un peu à l’encontre du souhait du maître d’ouvrage de trouver des matériaux locaux afin de ne pas consommer d’énergie pour le transport. Nous ne sommes donc pas complètement parvenus à faire selon son souhait mais nous avons poussé la logique du respect de l’environnement jusqu’au bout. Nous avons aussi utilisé de la ouate de cellulose dans cette maison.

Pour ma part, j’utilise déjà depuis plusieurs années le monomur (sorte de parpaing en terre cuite. NdR). Lequel, grâce à son inertie thermique, régule la température intérieure de l’habitation en lissant les forts écarts thermiques en hiver et assure une climatisation naturelle en été, sans aucun doublage isolant supplémentaire, garantissant un confort naturel pour le bien-être des occupants. D’ailleurs, les cloisons intérieures en terre cuite, recouvertes d’un enduit à base de chaux, vont aussi contribuer à l’inertie de la maison et participer à un réel confort.

Pour cette maison, nous avons également installé une citerne de 15.000 litres pour la récupération des eaux pluviales, non seulement pour le jardin et les toilettes mais également pour l’eau potable. Or, en l’occurrence, nous nous sommes retrouvés confrontés au manque de réglementation et de normes. Pourtant, de plus en plus de gens prennent en compte cet aspect, ne serait-ce que pour le jardin et il ne s’agit pas au final d’une installation très compliquée.

Cela étant dit, il n’était pas question pour le maître d’ouvrage d’avoir une maison laboratoire, que ces nouveaux produits et techniques ne servent que dans des maisons à deux millions de francs. Il voulait au contraire que l’expérience puisse servir à d’autres et que la maison soit construite à des coûts raisonnables. Au final, la maison de 136m² habitables, avec un sous-sol, un deuxième garage, etc. est revenue tout compris à 200.000 euros.

~img g~En réalité, nous n’avons rien inventé car plein de techniques utilisées ou mises en oeuvre pour ce projet ne sont pas nouvelles ; elles étaient plutôt mal utilisées ou mal mises en oeuvre. Par exemple, l’orientation de la maison lui permet de bénéficier de l’énergie radiative (infrarouges) du soleil en chauffage solaire passif. L’ensemble devrait assurer au moins 40% du besoin énergétique total. Pour les périodes froides d’hiver, un poêle à bois assurera en complément le chauffage de l’habitation. Rien de vraiment compliqué donc. Je ne suis pas devenu un spécialiste de la construction écologique car je ne suis pas encore assez compétent. Disons qu’il s’agit d’un test réussi (rires). Les découvertes ne manquent pas ; nous savons dorénavant réaliser des chapes minces, seulement 2,5cm, pour le plancher rayonnant. Du coup, la chaleur se diffuse encore mieux et les économies d’énergies sont encore plus importantes.

Seul l’avenir dira si la réalisation est à la hauteur de l’intention… Nous savons déjà que nous serons un peu juste en électricité pour être parfaitement autonome – il nous manque les quelques m² que nous a refusé l’ABF – mais je pense qu’au final, entre les qualités thermiques de la terre cuite et la mise en œuvre HQE de la maison, le bilan énergétique devrait être très satisfaisant et le maître d’ouvrage réaliser de vraies économies d’énergie”.

Propos recueillis par Christophe Leray

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