Accueil > Travaux > Construction > Plan de maison : quand l’effet de serre n’est pas celui que l’on croit

Plan de maison : quand l’effet de serre n’est pas celui que l’on croit

Une maison CQFD qui réponde aussi aux questions posées par le développement durable ? Demander au futur d’être présent ? Le projet de maison de l’architecte Mathieu Feigelson et son équipe offre une réponse originale, poétique et pratique, tant au besoin d’un logement qu’à ceux de la planète. Découverte.

Un projet flexible et ouvert ? Une maison à bas prix ? Une maison nutritive ? Une maison recyclable à 90% ? Une maison bien sûr écologique ? L’Equipe 17-15 (une équipe de concepteurs constituée de Mathieu Feigelson architecte dplg, Angelina Alonso, architecte dplg, Benoit Taupin, Infographiste-Rendu 3D et Nicolas Picardat, bureau de style) pense avoir trouvé une réponse à toutes ces questions. L’idée de départ est de détourner de son utilisation première une serre horticole.

“Nos propositions s’appuient donc sur un système déjà en oeuvre appliqué à la production de fleurs. Or, ce qui est bon pour les plantes l’est aussi pour l’homme”, explique Mathieu Feigelson en souriant. “De plus, cette maison ne doit pas seulement être autosuffisante en termes d’énergie. Elle devra permettre à ses habitants de produire un potager, des fleurs, etc.”, dit-il.

[pub]“Les fondamentaux thermiques sont connus, le concept d’espace tampon notamment (en clair, il fait moins froid dans la serre que dehors, il suffit donc de chauffer, avec moins d’énergie, les seuls espaces habités intérieurs). Mais ils sont adaptés ici à l’habitat d’une famille type d’un pays développé d’une région tempérée. Notre projet veut aller plus loin que la question Coût Qualité Faisabilité Durée. Parmi ces initiales il a été oublié HQE et DD (Développement Durable). Ce projet montre aussi qu’il est possible pour le plus grand nombre d’étudier des solutions autosuffisantes ou même celles d’un habitat à énergie positive. La plupart des recettes pour atteindre ce graal sont connues mais peu exploitées depuis les premiers chocs pétroliers des années 1970. Notre idée est donc de proposer un habitat autosuffisant déclinable dans les régions tempérées (majoritairement les régions les plus peuplées et plus consommatrices d’énergie)”, explique l’architecte.

Il décrit ci-dessous les détails de son projet

“Nous avons basé notre projet sur l’utilisation d’une structure industrielle développée pour les serres horticole, une serre d’ailleurs brevetée par la société Hollandaise Smiémans. Ce modèle de serre a été construit à plusieurs centaines de m² majoritairement en Hollande mais aussi en Allemagne, Royaume Unis, Japon, Canada, et France. Ce modèle de serre est un produit ultra performant en terme de captations des UV. Sa couverture en verre offre l’avantage de capturer 6% des UV en plus par rapport à une autre serre classique. Elle utilise peu de matériaux et sont presque tous recyclables : verre, acier, aluminium. Nos propositions s’appuient donc sur un système déjà en œuvre appliqué à la production de fleurs.

A notre idée, cette maison ne doit pas seulement être autosuffisante en termes d’énergie. Elle doit permettre à ses habitants de produire un potager, des fleurs, etc. mais doit aussi être autonome en eau et récupérer les eaux pluviales. C’est aussi pour cela que la surface de la maison est supérieure aux autres comparable à ce genre de programme.

Les sources énergétiques de la maison sont multiples pour être complémentaires. C’est pourquoi nous associons une éolienne et des panneaux solaires. La surface de la serre étant très vitrée, peu d’éclairage artificiel est nécessaire dans la journée. Une pompe à chaleur réversible, peu consommatrice d’énergie produit de l’eau chaude en hiver et de l’eau froide en été qui circule dans le plancher et dans les panneaux rayonnants. L”eau de pluie est stockée sous le plancher afin d’apporter une inertie permanente.

Afin d’augmenter l’efficacité des panneaux rayonnants, à l’intérieur de la serre, il sera disposé des ombrières réfléchissantes (tissus+aluminium) qui augmenteront le rendement des panneaux rayonnants. En effet, ils réfléchissent la chaleur et le froid tout en créant un matelas thermique entre l’extérieur et l’intérieur. A partir des hautes performances de la serre, nous capturons l’énergie du soleil le jour. Ainsi, en hiver, le plancher chauffant fournit 60% des besoins calories de la maison, le complément étant apporté par le soleil et par des panneaux rayonnants situés sous la couverture. En été, ce même plancher est rafraîchi et, en toiture, des fenêtres toit s’ouvrent automatiquement pour évacuer l’air trop chaud. En cas de trop fort rayonnement solaire, les ombrières intérieurs se ferment. L’air chaud est capturé entre le verre et l’ombrière et évacué vers ces fenêtres. En hiver, le rayonnement froid des vitrages est stoppé par ces même ombrières.

L’aménagement intérieur est laissé à la libre appréciation – ce ne sont pas de vains mots – des occupants. En effet, les pièces de nuit sont dessinées en fonction des désirs et besoin des maîtres d’ouvrage selon le principe de la boîte dans la boîte, c’est-à-dire qu’elles sont conçues comme des cocons chauffés à température constante par l’ambiance de la serre”.

Mathieu Feigelson
www.17-15.info

Propos recueillis par Christophe Leray

Poster un commentaire

Une question ? Une réaction à cet article ? N'hésitez pas à laisser votre message ci-dessous:

Champs obligatoire

Vous êtes un professionnel

Opportunités de chantiers à saisir !

Être rappelé pour en profiter

Articles récents


Newsletter

Votre demande d'inscription a bien été prise en compte.

Professionnels du bâtiment

Nous avons des opportunités de chantiers pour vous !

Remplissez rapidement votre carnet de commandes avec des chantiers qui vous rapportent !

En savoir plus