La démarche HQE

Née après le premier choc pétrolier, la démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) connaît un intérêt croissant chez les particuliers mais aussi auprès des professionnels chargés de la mettre en œuvre et ce, même si les applications dans la maison individuelle sont encore rares.

La démarche HQETout commence en 1973, année du premier choc pétrolier. Le prix de l’énergie liée au pétrole explose, touchant tous les secteurs d’activité. La construction ne fait pas alors exception à la règle et les coûts liés à la réalisation d’un logement individuel ou collectif grimpent en conséquence. D’où l’idée de réguler l’inflation en ayant recours à la mise en place de nouveaux procédés pour conserver l’énergie. Les premières applications, de ce qui deviendra alors l’approche haute qualité environnementale (HQE), ont alors amené des progrès en matières d’isolation et la réalisation d’une architecture dite bioclimatique.

Après une éclipse, cette démarche est remise au goût du jour dans les années 90, notamment en raison du débat croissant sur l’émission de gaz à effet de serre. Le secteur de la construction est particulièrement concerné, voire mis régulièrement sur la sellette, puisqu’il lui est reproché 25% des rejets de gaz CO2.

Les professionnels ont pris la mesure du phénomène au sein de leurs instances représentatives, Fédération française du Bâtiment (FFB) et Confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment (CAPEB), qui planchent sur la question au sein d’une structure spécifique : l’association HQE, créée en 1997 par le service de plan de construction et architecture (PCA), le ministère de l’Equipement et l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie (ADEME).

[pub]Justement, qu’est ce que c’est, la HQE ? Concernant en particulier la construction, elle consiste à maîtriser les impacts du bâtiment sur l’environnement extérieur et créer un environnement sain et confortable. Pour cela, l’organisme a mis en place une liste de 14 cibles regroupées en quatre thèmes, applicables aussi bien pour la construction neuve que la rénovation :

  • L’écoconstruction : la relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat, le choix des procédés et produit de construction, chantiers à faibles nuisances.
  • L’écogestion : gestion de l’énergie, gestion de l’eau, gestion des déchets du chantier, entretien et maintenance.
  • Le confort : confort hygrothermique (chaleur et humidité), confort acoustique, confort visuel et confort olfactif.
  • La santé : conditions sanitaires, qualité de l’air et de l’eau.

    Comme il n’est pas encore matériellement possible de respecter l’ensemble des critères, vous avez la possibilité en tant que maître d’ouvrage de choisir parmi les trois cibles les plus importantes en fonction de votre projet, plus obligatoirement la question de la gestion de l’énergie dans le bâtiment à livrer.

    A noter que pour remplir ces conditions, il n’existe pas concrètement de techniques prédéfinies. La démarche HQE est avant tout une pratique, basée sur le volontariat des professionnels, lorsque ceux-ci se sont ouverts à la démarche. Pour l’instant les instances professionnelles de la construction n’en sont qu’à une phase d’information et de formation dans leurs fédérations départementales. Bref, il reste encore un travail d’incitation à réaliser, chose que les organisations professionnelles font, via des formations et des ouvrages, aussi bien pour leurs membres que pour le grand public.

    Par ailleurs, il s’agit de rester prudent si un professionnel se prévaut de la démarche. La HQE n’est en aucun cas un label ‘vert’ ou une qualification estampillée ‘écolo’. Les seules normes délivrées par l’AFNOR en rapport avec la pratique, NF P01-010 01 et 02, concernent les matériaux et plus particulièrement la manière d’établir son degré de respect de l’environnement. Encore qu’il ne s’agit pas d’un brevet de bioconstruction. Les matériaux peuvent être certifiés NF sans participer à la démarche HQE et inversement. Pour le reste, vous devrez donc faire vos choix uniquement par vous-même. Pour vous aider, le recours et les conseils d’un architecte versé en bioconstruction n’est pas superflu.

    Aujourd’hui encore, les exemples concrets en matière de maisons individuelles appliquant la HQE sont encore rares. En effet, la démarche HQE n’impose pas d’obligation de résultat. Pour l’instant, l’approche s’opère sur des réalisations importantes, types bâtiments publics (lycées) ou des logements collectifs. Il ne s’agit toutefois que d’une question de temps avant qu’elle ne se généralise auprès du grand public, demandeur de respect environnemental et d’économie d’énergies. L’objectif de la HQE est qu’elle ne fasse plus parler d’elle. Pas au point de la faire disparaître, mais parce que cela signifierait qu’elle est devenue la norme dans la construction.

    Christophe Leray

  • Commentaires

    1


  • stephanie Publié le

    Bonjour, article intéressant ! Le carrelage peut aussi contribuer à rendre une construction HQE : les produits novoceram.fr par exemple répondent à 8 cibles sur 14 !

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