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C’est à la qualité du travail qu’on reconnaît le maçon

L’artisan maçon, comme ne l’indique pas la réputation attachée à ce métier difficile, est un homme de l’art. En construction neuve ou en rénovation, son savoir-faire est irremplaçable. Encore faut-il comprendre les règles de ce métier et pouvoir distinguer l’artisan hautement qualifié du tâcheron.

C’est à la qualité du travail qu’on reconnaît le maçonQuand d’aucun pense “maçon”, c’est le plus souvent l’image d’un homme construisant un mur en parpaing qui s’impose. Ne dit-on pas que c’est au pied du mur que l’on reconnaît le maçon ? De fait, la profession a du mal à attirer les jeunes car elle souffre du problème d’image d’un métier difficile, physique et exigeant qui s’exerce dans les intempéries.

Si ces derniers connaissaient le sens du mot, peut-être leur regard sur le maçon changerait-il. En effet, selon le dictionnaire (Robert) le maçon est celui qui construit des maisons, pas seulement les murs. Qui plus est, dans son origine étymologique – du bas latin Machionem – le maçon est un ouvrier qui fait “tous les ouvrages où il entre de la pierre, de la brique, du mortier, de la chaux dans le gros oeuvre”. Bref, un métier plus noble et un peu plus compliqué que d’aligner les parpaings ou les briques ; encore que même cela se révèle bien plus difficile qu’il n’y paraît.

[pub]L’artisan maçon, puisque c’est de lui qu’il est question ici, est donc l’interlocuteur aussi bien pour une rénovation, un ravalement de façade, la construction d’une maison individuelle ou d’un garage.

A ce titre, son premier rôle est un rôle de conseil. En effet, dans le cadre d’un projet de maçonnerie, les questions pour le client lambda, souvent indécis, sont multiples : Quelle finition extérieure ? Pierre ou parpaing ? Avantages et inconvénients de telle ou telle option en regard de l’esthétique ? Il ne s’agit pas de vaines recherches parce que le maçon est tenu au respect d’un certain nombre de règles de construction et qu’un mur, pour simplifier, tient debout avec d’autres contraintes que celle de l’esthétique. Autant de questions qui doivent donc trouver une réponse en amont pour éviter les mauvaises surprises car le travail du maçon ne se voit qu’une fois qu’il est terminé. Il est alors trop tard pour changer d’avis.

De fait, les clients (voire d’autres corps de métier) ont souvent beau jeu de blâmer le maçon pour les désordres ou malfaçons de la maison. La réalité est beaucoup plus nuancée. Souvenez-vous de la canicule en 2003. A cause de la sécheresse subséquente, nombre de maisons se sont affaissées. Or, la norme impose de construire les fondations jusqu’à 80cm sous le sol, pour atteindre la zone hors gel. Sauf que, si un mètre plus bas, il y a un lit de glaise, en cas de sécheresse, la maison au-dessus aura des problèmes. En clair, les maçons avaient travaillé dans les règles de l’art et, jusqu’à la canicule, personne n’avait rien à redire. Cet exemple médiatisé illustre pourquoi nombre d’entre eux font valoir que, lors de leur rencontre avec les clients, ils préconisent des études de sol, lesquelles ont un coût qui fait hésiter… les clients. Or, le maçon n’est pas devin, même si, d’expérience sur une zone donnée, il sait souvent à quoi s’en tenir. Tout ça pour dire que si votre maçon vous conseille une étude de sol, ce n’est pas pour embêter le client mais parce qu’il a lui-même conscience que cet investissement initial peut éviter bien des soucis plus tard.

C’est à la qualité du travail qu’on reconnaît le maçonCela dit, des maçons peu consciencieux, du fait même d’un marché tendu, sont prompts à empocher les marchés. Du coup, comment reconnaître l’artisan maçon sérieux du filou ? Le contact et la discussion sont sans doute une première indication mais, plus important, c’est la qualité du devis qui importe. Comme l’assure l’un d’eux, “un devis de garage en trois lignes, ce n’est pas sérieux”. En effet car, même pour un garage, un devis doit comporter au moins :

  • un poste ‘fondation’ (quelle profondeur, quel dosage du béton) ;
  • un poste ‘élévation’ (quelle hauteur, quel matériau, etc.) ;
  • préciser s’il y a des poteaux dans les angles ou un chaînage ;
  • préciser le nombre et la taille des linteaux des portes et fenêtres ;
  • préciser également quel type de couverture (tuile, ardoise, autres, etc.) et donc de charpente (petit chevron, gros chevron) et donc quel bois et donc quelles sections de bois, etc. tant le mur construit doit être adapté à la charpente future ;
  • le détail des menuiseries ;
  • etc.

Et il ne s’agit ici que du devis d’un garage, nous en oublions sans doute des éléments. Qui plus est, un bon maçon saura vous offrir sur le devis des options, par exemple une variante en brique plutôt qu’en parpaing.

Bref, pour faire la part du grain et de l’ivraie, il faut absolument comparer plusieurs devis, les moins chers et les trop simples devant vous mettre la puce à l’oreille. D’autant que, il faut ici insister, il est souvent opportun pour les margoulins de faire un devis grosso modo pour emporter le marché et se rattraper ensuite sur les travaux supplémentaires, c’est-à-dire les travaux non prévus et pour cause, qui sont alors facturés au prix fort.

Enfin, le bon maçon n’aura aucune difficulté, au contraire, à vous indiquer des références de chantiers réalisés et ne prendra pas ombrage de votre volonté de s’assurer de ses capacités (aussi longtemps que cela est fait avec du respect, l’artisan ne pouvant passer des semaines a préparer pour vous un devis, gratuit le plus souvent, de garage).

C’est à la qualité du travail qu’on reconnaît le maçonSauf en cas de maison supérieure à 170m² (auquel cas c’est légalement un architecte qui est à la manoeuvre), le maçon se révèle être en fait, le plus souvent, le véritable maître d’oeuvre du chantier : d’une part parce que, de plus en plus, les clients ne souhaitent avoir qu’un seul interlocuteur et d’autre part parce qu’il intervient au début du chantier (les fondations) et à la fin (les finitions extérieures). Il est donc, de fait, celui qui généralement coordonne le chantier et, de plus en plus souvent, les devis des charpentiers, plombiers et électriciens travaillant en sous-traitance, seront intégrés au sien.

Il convient cependant de garder à l’esprit que, face aux ‘pavillonneurs’ qui vendent les maisons clef en main, c’est le plus souvent dans le cadre d’une restauration que l’artisan maçon montre l’étendue de son savoir-faire (pour la petite histoire, ceux qui montent les murs de parpaing aujourd’hui sont des tâcherons dont l’exercice n’a plus grand-chose en commun avec l’art des maçons). Attention car, dans ce cadre de la rénovation, il n’est pas aisé de faire des devis puisque parfois le maçon va découvrir des problèmes, par exemple un mur en mauvais état, qu’une fois le chantier entamé. Sinon, un maçon saura toujours, quitte à se gratter la tête, trouver des solutions à vos désirs architecturaux. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer que tous les monuments et édifices classés, certains construits depuis des siècles, ont été construits sans exception par des maçons.

Il convient également de comprendre que les maçons, face aux énormes difficultés de recrutement évoquées plus haut, ont tous des carnets de commandes pleins à craquer (jusqu’à six mois de travail à temps plein d’avance). Il faut donc intégrer cette notion de délai dans vos projets. Ainsi voit-on nombre de ‘bricoleurs’ qui, pour tromper l’attente, tentent de construire eux-mêmes qui une descente de garage, qui un mur de clôture avant de s’apercevoir que c’est un métier et d’appeler… le maçon qui le plus souvent va devoir tout casser et tout refaire.

Une fois le délai d’attente passé, les chantiers sont plus ou moins longs selon les projets : à la louche, il faut compter 3 semaines pour un garage, deux mois minimum pour le gros-oeuvre d’une maison individuelle, deux jours pour un ravalement de façade en crépi projeté à la machine mais deux mois pour transformer les vieux murs en pierre abîmés de la gentille fermette de vos rêves.

Pour finir, sachez que la garantie décennale s’applique sur tous les travaux de maçonnerie.

Christophe Leray

Article réalisé avec l’aimable collaboration de Bruno Lesperrier, artisan maçon à Guerville (78).

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