Depuis quelques années, les diagnostics obligatoires se multiplient
lors de la vente, de la restauration ou de la démolition d'un bien
immobilier. Dans ce maquis réglementaire, un nouveau label permet
aujourd'hui d'y voir plus clair.
L'idée d'un diagnostic global obligatoire d'un logement lors d'un
achat ou d'une cession fait son chemin. "C'est une excellente idée
et j'entends la plupart des partenaires du monde du logement y être
favorables", déclare ainsi Gilles de Robien, ministre de l'Equipement.
L'idée, selon lui, serait de rassembler en un seul document simplifié
les multiples obligations existantes : surface, amiante, accessibilité
au plomb, termites et, plus récemment, gaz et risques naturels ou
technologiques.
Une idée, a affirmé le ministre, qui sera examinée dans le cadre
de la préparation de la loi "Habitat" (qui changera de nom d'ici
l'automne). En attendant une telle unification et simplification
documentaire, il reste que, créés par la loi Carrez, les diagnostics
amiante, plomb, termites et de mesures de surfaces sont obligatoires
et qu'il n'est pas encore tout à fait clair quant à ceux qui sont
habilités ou non à les réaliser.
Pourquoi un diagnostic obligatoire ? C'est une contrainte juridique
qui l'a imposé. En effet, tout acheteur d'un logement qui s'aperçoit
que le bien acheté est affecté par des problèmes sérieux (plomb,
termites, amiante, etc.) qui ne lui avaient pas été signalés est
en droit de se retourner contre le vendeur, de faire annuler la
vente et de demander des dommages et intérêts. Le vendeur de bonne
foi, pour sa part, peut invoquer la "clause d'exonération de garantie
pour vice caché", c'est-à-dire qu'il ignorait tout du problème au
moment de la vente. C'est pour remédier à cette situation qu'un
diagnostic, établi par une "tierce personne indépendante, qualifiée
et dûment mandatée", doit être établi préalablement à la vente.
Sachant que le diagnostiqueur doit être indépendant, qu'il doit
être correctement assuré et, pour le cas de l'amiante depuis janvier
dernier, titulaire d'une attestation de compétence délivrée à l'issue
d'une formation certifiée, il n'est pas très facile aujourd'hui
pour les particuliers de savoir à qui ils peuvent s'adresser. Les
géomètres-experts proposent leurs services, les architectes sont
également compétents, d'autres corps de métier s'improvisent diagnostiqueurs.
Comment s'y retrouver ?
Dans ce maquis, une initiative intéressante permet de débroussailler
le terrain. Le CEBTP, ou tout organisme équivalent, proposent aux
diagnostiqueurs d'obtenir un label (apte®) justifié par une formation
et/ou d'une expérience professionnelle de trois ans minimum dans
le bâtiment, et d'une assurance professionnelle en cours de validité.
Ce n'est qu'une initiative parmi d'autres mais c'est le signe que,
visiblement, le diagnostic des biens immobiliers est en train de
devenir un métier en soi. En attendant le document unique souhaité
par le ministre.
Rappel des principaux diagnostics obligatoires :
Loi Carrez : Depuis mai 1997, les propriétaires d'un lot
en copropriété doivent fournir un document attestant la superficie
"habitable" de ce lot (tolérance d'erreur de plus ou moins 5% de
la surface totale) lors de la vente.
Plomb : Depuis juillet 1999, tous les propriétaires d'immeubles
construits avant 1948 ou situés dans des département à risques (voir
avec la préfecture), qui souhaitent vendre leur logement, y réaliser
des travaux ou les démolir, doivent faire réaliser un diagnostic
dont l'objectif est la recherche de plomb dans les peintures, surtout
dans les zones accessibles.
Termites : Depuis juillet 2000, dans les départements, communes
ou zones à risque délimités soit par arrêté préfectoral, soit par
arrêté municipal, tous les propriétaires qui souhaitent vendre ou
démolir leur bien immobilier doivent fournir un état parasitaire
datant de moins de trois mois à la date de signature de l'acte définitif.
Amiante : Quand le permis de construire d'un logement a été
déposé avant le 1er juillet 1997, un diagnostic destiné à repérer
les matériaux contenant de l'amiante est obligatoire pour les particuliers
préalablement à la vente, avant travaux de restructuration ou démolition.
Mais, depuis janvier 2003, ce diagnostic ne peut être établi que
par des techniciens (Experts, contrôleurs techniques par exemple)
possédant une attestation de compétence délivrée à l'issue d'une
formation certifiée.