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Litiges avec les entreprises : Comment les éviter ? Comment les résoudre ?
Les litiges avec les entrepreneurs et les artisans sont divers puisque chaque chantier est unique. Certains se règlent facilement, à l’amiable, une solution qui doit être privilégiée. Parfois il est pourtant nécessaire de faire appel à la justice. Revue de quelques situations courantes.
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Comment gérer l'abandon de chantier ?
Tout semblait bien parti : contrat signé, les travaux avaient débuté, etc. Puis, les ouvriers ont soudainement déserté le chantier. Dans la majorité des cas, cette interruption des travaux a une explication légitime. Quand ce n’est pas le cas, les vrais soucis commencent et le seul recours, ou presque, est de saisir le Tribunal.
Avant d’accepter un abandon temporaire de chantier, les raisons, on s’en doute, doivent être motivées. Ces raisons peuvent être multiples et légitimes, d’autant plus quand elles n’affectent pas les délais de livraison.
Il peut s’agir ainsi d’une interruption momentanée, sans conséquence grave pour la suite des opérations, dans le cas par exemple où des raisons familiales sérieuses empêchent l’entrepreneur ou l’artisan de se rendre sur le chantier un ou plusieurs jours. Par ailleurs, l’entrepreneur, comme l’artisan d’ailleurs, a souvent plusieurs chantiers en cours en même temps et l’un d’eux peut nécessiter en urgence une attention particulière ou un surplus de main d’oeuvre.
Ils peuvent également tout simplement avoir pris de l’avance avec votre chantier et décider de se consacrer entièrement, pendant quelques jours, à un chantier qui aurait pris du retard. En clair, interruption des travaux ne signifie pas nécessairement abandon de chantier.
Egalement, des circonstances exceptionnelles peuvent être invoquées. Des intempéries peuvent empêcher la bonne tenue des travaux, un cas de force majeure peut subvenir (inondations, séisme, etc.) ou tout autre évènement indépendant de la volonté de l’entrepreneur. Il peut également, au pire, s’agir d’un évènement grave – un accident par exemple – qui fait que, sans que la légitimé de l’arrêt ne puisse être mise en cause, l’abandon sera plus long que simplement ‘momentané’. Là encore, le maître d’ouvrage doit être prévenu.
A noter qu’un abandon de chantier est parfois dû au non respect par le maître d’ouvrage de ses obligations - non règlement des acomptes par exemple.
A noter en revanche qu’un désaccord entre l’entreprise et vous-même n’est, en aucun cas, une raison valable d’abandon de chantier.
Quand l’abandon de chantier n’est pas motivé par une raison sérieuse, c’est là que commencent les vrais problèmes.
Il faut distinguer deux cas de figure.
Le premier concerne des travaux effectués par un artisan. Après quelques jours de patience et en l’absence de toute explication – on ne retourne pas vos coups de fil, vous n’arrivez à joindre personne au sein de l’entreprise - vous devez alors mettre votre interlocuteur en demeure de reprendre le chantier par l’intermédiaire d’une lettre recommandée avec accusé de réception. L’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL) recommande alors d’indiquer dans le courrier un délai pour la reprise effective. «N’acceptez jamais de versement anticipé en espérant que l’entreprise finira les travaux», précisent alors les fiches conseils de l’Institut national de la consommation (INC-60 millions de consommateurs».
Si la reprise n’est pas effective, et après une constatation d’huissier en bonne et due forme, la procédure en référé - vous pouvez alors vous adresser au Tribunal de Grande Instance – peut permettre à un juge d’ordonner la reprise des travaux sous astreinte. Le cas échéant, vous pourrez prendre une autre entreprise voire réclamer des dommages et intérêts. Là encore, avant d’en arriver à ces extrémités – coûteuse en temps et énergie – n’hésitez pas à faire appel à des organisations professionnelles ou des associations pour tenter de régler au mieux le problème à l’amiable.
Dans le cas de la construction d’une maison individuelle, en cas d’abandon de chantier, vous devez prévenir l’établissement de crédit qui garantit la livraison des travaux. Ce dernier pourra alors à son tour enjoindre le constructeur de reprendre le chantier, qui s’avère souvent plus ouvert à la discussion quand il a le sentiment que vous n’agissez pas seul. En cas d’interruption non justifiée et prolongée, il vous faudra également saisir le tribunal des référés. Attention, prévenir l’établissement de crédit dans ce cadre est une démarche importante puisque cet établissement pourra, le cas échéant, désigner de nouveaux professionnels pour achever l’ouvrage. Vous pourrez éventuellement choisir vous-même les entreprises qui effectueront les travaux restant à effectuer «à condition que l’immeuble ait atteint le stade du hors d’eau (les travaux de pose de toitures et d’isolation ont été effectués NdR)», précise la documentation de l’ANIL. Le garant versera alors directement aux entrepreneurs concernés les sommes correspondant aux travaux à effectuer.
Enfin, dernier cas d’espèce. Si l’entreprise que vous avez choisi a abandonné le chantier parce qu’elle se trouve en redressement judiciaire, vous devez alors vous adresser au greffe du tribunal de commerce du siège de l’entreprise afin d’obtenir le nom et l’adresse de l’administrateur judiciaire, et régler la question directement avec lui, conseille l’association de défense des consommateurs.