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Les arbres ne cachent pas le jardin

Selon le dicton, à la Ste Catherine, le 25 novembre, "tout bois prend racine". En réalité, on peut faire planter ses arbres d’octobre à avril. Mais quel arbre choisir ? Essence exotique ou locale ? En fonction de quels critères ? Quels aspects pratiques convient-il de prendre en compte ? Explications.

Les mythes ont la vie dure. Fort du vieil adage «à la Sainte-Catherine, tout bois prend racine», la plantation des arbres s’effectue habituellement à l’automne, s’il ne gèle pas. En réalité nul n’est tenu à tant de rigueur et vous pouvez faire planter vos arbres dès le mois d’octobre et jusqu’à la fin du mois d’avril, si les conditions climatiques le permettent. De fait, pour certains gros arbres, il est même préférable d’attendre début mars pour éviter des gelées préjudiciables. A noter que si l’emplacement a été creusé deux ou trois semaines avant la plantation, la reprise est meilleure.

Cela dit, quels arbres ? Les arbres ont de tous temps fasciné les peuples ; ils faisaient ainsi partie du ‘butin’ rapporté des expéditions lointaines – le rhododendron vient de … l’Himalaya ! Le saule pleureur, si commun, n’a été introduit en France qu’au XVIIème siècle. Les nombreux arboretums en France sont les derniers vestiges de cette passion des princes. Du coup, les pépiniéristes aujourd’hui disposent d’une telle variété d’essences que quiconque peut y trouver de quoi satisfaire son goût et ses couleurs. «Les gens, viennent, regardent, demandent quelques renseignements et prennent les arbres qui leur plaisent», explique-t-on en souriant à la pépinière Pieracci-Frères, située à Saint-Martin du Var (06). En clair, le choix serait guidé par les sens avant d’être guidé par des considérations pratiques.

C’est sans doute en partie vrai mais ce n’est qu’apparence car, dans le choix des arbres de son jardin, les stimuli culturels, eux-mêmes issus de contingences bien réelles telles le climat, ne sont pas loin. Ainsi le pépiniériste varois pense que les préférences de ses clients vont à «l’olivier, le cyprès florentin, le mimosa et le faux poivrier» quand, de son côté, Jean-Luc Mulon, paysagiste et gérant d’une Pépinière à Clermont-en-Argonne (55), estime que la tendance va à des arbres comme le tilleul ou l’érable.

Le client doit cependant comprendre que son manque de connaissance des végétaux affecte sa vision de son jardin. Par exemple, la mode est au jardin japonais dans lequel on plante des érables. Or l'érable pousse dans une terre de bruyère dans un lieu mi-ombragé. De plus, ces plantes qui aiment la terre de bruyère (Azalée, camélia, rhododendron) nécessitent une eau acide quand, dans nos maisons, elle est le plus souvent calcaire. Il faut donc se renseigner en amont car, au final, les jardiniers ou paysagistes planteront toujours les arbres que réclament leurs clients, même s'ils savent que ces plantes ne sont pas adaptées. De l’importance de faire appel à un jardinier-paysagiste par exemple et, surtout, de l’écouter.

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A noter que Jean-Luc Mulon a constaté un accroissement des ventes d’arbres fruitiers dans sa région, «surtout parce que le Conseil général de la Meuse offre des subventions, suite aux tempêtes de 1999».
Votre département a-t-il une politique de subventions en ce domaine ? Cela peut éventuellement vous aider à faire votre choix. Vraie tendance significative par contre, puisque «le mélange est la règle», les particuliers sont surtout à la recherche d’un produit fini, c’est-à-dire un arbre d’âge mur, disposé à donner immédiatement le cachet désiré au jardin. Pensez à prendre en compte le rythme de croissance des arbres. Un saule pousse très vite, le savonnier de Chine très lentement. Si vous souhaitez privilégier le mélange des espèces, placer les arbres plus grands à l’arrière et les plus petits en avant pour créer des contrastes et des couleurs, suggère Jean-Luc Muron.

Avant de planter cependant, quelques règles doivent être respectées, notamment de distance avec la propriété voisine, avec le logement et même entre les arbres. En ce qui concerne l’écart à respecter avec le terrain mitoyen de votre voisin, «il doit être de 50 cm pour une haie qui ne dépasse pas deux mètres», indique Jean-Luc Mulon. «Au-delà, il faut se reculer de 2 mètres». A noter également que les arbustes qui constituent la haie ne sont pas considérés comme des clôtures (pour plus de précisions, consultez notre article ‘Une clôture, oui mais…’). Concernant la distance entre vos arbres et votre maison, il faut compter entre une dizaine et une vingtaine de mètres selon les essences car une branche en plein milieu de la fenêtre n’est pas… pratique. De plus les fruits de certains arbres peuvent tacher vos façades et encrasser les toits. Enfin, les arbres entre eux doivent respecter un espacement de l’ordre de sept mètres pour les arbres fruitiers et de dix mètres pour les arbres d’alignement, des distances qui permettent ainsi aux racines de se développer sans attaquer celles de l’arbre voisin, ce qui peut, à terme, le tuer.

De plus, puisqu’il faut bien quand même s’intéresser aux aspects pratiques, la réussite d’une plantation va dépendre également de la qualité du sol ; selon qu’il soit argileux ou acide, sec ou humide, les essences ne prospéreront pas de la même façon. De même, comme les arbres sont à la recherche du soleil, l’ensoleillement devra être considéré. Une fois encore, un professionnel de l’aménagement de jardin (architecte, paysagiste ou jardinier) saura vous conseiller utilement pour concilier vos désirs et ces contraintes. En effet, un arbre peut s’adapter au prix de quelques efforts. «Il suffit le plus souvent de reboucher l’emplacement où l’arbre est planté avec un mélange de terre qui lui correspond», assure le responsable de la pépinière Pieracci Frères. Par exemple, si vous plantez un châtaignier dans du sol calcaire il faut remblayer avec de la terre au Ph plus neutre et veiller à ne pas laisser des poches d’air se former autour des racines Sinon, l’arbre s’assèche rapidement.

Ensuite tout dépend de votre budget et de vos désirs. Ainsi, pour un arbrisseau de 30 à 100 cm, le prix peut varier entre 5 et 30 euros. Ou atteindre les centaines d’euros, comme le Cyprès florentin ou le faux poivrier (environ 300 euros). Voire les milliers d’euros si vous avez jeté votre dévolu sur un olivier vieux de deux siècles. Sans compter le transport sur place, la plantation et l’aménagement du jardin. Prévoyez aussi à la plantation un traitement contre les insectes pour éviter les attaques. Sachez également que le taux de TVA adéquat est de 5,5% pour la livraison et de 19,6% pour les travaux,

Enfin, l’entretien d’un arbre est minimal mais nécessaire. Ainsi, il faut prévoir la taille des branches «une fois par an», un aspect particulièrement important pour le développement des arbres fruitiers. Par ailleurs, il faudra abondamment arroser la première année. A ce propos, «il vaut mieux donner à vos arbres une grosse quantité d’eau de temps en temps plutôt qu’une petite quantité tous les jours, sinon l’humidité ambiante fait pourrir l’arbre», indique un spécialiste.

A visiter : le site lesarbres.free.fr, réalisé par Pierre-Yves Ledouer, ingénieur des Ponts et chaussées et véritable passionné des arbres, est sans doute l’un des plus complet sur le sujet.

Voir également notre album photos ‘Un arbre, une décoration durable’.

Lire également ‘Septembre/Octobre : une bonne période pour s'intéresser au jardin’.

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