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Lutter contre le bruit, les solutions acoustiques pour la maison

Aujourd’hui, 40% des français s’estiment gênés par le bruit à leur domicile. Pourtant, peu d’occupants entreprennent des travaux d’isolation acoustique. Savoir identifier les sources de bruit et évaluer le coût des travaux, le point sur les solutions d’isolation aujourd’hui disponibles.

Lutter contre le bruit, les solutions acoustiques pour la maisonOn estime à 300.000 le nombre de logements riverains de voies de transports terrestres exposés à un niveau de bruit préoccupant et à environ 7 millions – soit plus de 12% de la population française – ceux subissant des niveaux de bruits diurnes extérieurs trop élevés.

Pourtant, des solutions techniques existent pour améliorer le confort sonore, tant pour l’isolation des bruits extérieurs au bâtiment que pour les bruits entre les logements. La plupart des travaux peuvent être réalisés soi-même avec un peu de connaissances. Reste que faire appel à un spécialiste comme un architecte spécialisé ou un acousticien donnera des résultats bien plus performants. Le coût de ces spécialistes n’est pas particulièrement important et, surtout, ils peuvent s’adapter à votre budget. En effet, “pour une qualité égale en absorption du son, on peut choisir de la laine absorbante à 20 euros le m² ou du marbre absorbant pour 215 euros le m²”, explique Didier Blanchard, acousticien.

Quelques notions d’acoustique

Dans les constructions, on fait la différence entre les bruits aériens, c’est-à-dire les bruits émis par une source n’ayant pas de contact avec la structure construite et les bruits solidiens, qui ont pour origine une mise en vibration directe de la structure.

Dans un logement, les bruits aériens se propagent par l’air avant de faire vibrer les parois. Chaque paroi qui vibre fait à son tour vibrer l’air dans les locaux voisins : le son a traversé la paroi. Dans un bâtiment existant, tous les éléments en place ont une incidence acoustique.

Les bruits solidiens comprennent les bruits d’impact et les bruits d’équipement, collectifs (ascenseur, chaufferie,…) ou individuels (chasse d’eau, robinetterie,…). “Par exemple, on se retrouve avec un système structurel qui bouge sous l’impact d’un bruit solidien et qui le propage, comme le ferait une peau de tambour”, explique Anne Balaÿ, architecte spécialiste en environnement sonore.

Pour la transmission des bruits d’impact, les normes minimales d’isolation acoustique des constructions nouvelles prévoient un niveau maximal de 58dB (décibel) à la réception des bruits provenant du logement du dessus. Pour les bruits aériens, un isolement de 53dB est à respecter entre les logements mitoyens. Ces normes ne sont en rien une garantie de confort. Elles imposent seulement un niveau acoustique maximal toléré vis-à-vis des bruits de chocs issus des autres logements.

Les solutions d’isolation pour le sol

Tous les matériaux ont des caractéristiques acoustiques. Cela dit, il existe des différences selon leur constitution. “Les matériaux denses et durs, type béton, pierre ou verre ont une forte réverbération. Le niveau sonore rendu est donc plus important. A l’inverse, les matériaux ayant une certaine porosité, tel une mousse derrière un textile, ou les produits perforés, comme les panneaux de bois ou de plâtre, sont absorbants”, résume Anne Balaÿ.

Pour atténuer le bruit, un revêtement de sol doit être résilient, c’est-à-dire souple et élastique :

  • les moquettes, les tapis aiguilletés en bandes ou en dalles, présentent toujours de bonnes performances acoustiques. Le problème réside éventuellement dans leur entretien… ;
  • les matériaux plastiques, donc durs, doivent être équipés d’une sous-couche, celle-ci est du genre alvéolaire et présente ainsi la souplesse et l’élasticité requises. Cependant, ce revêtement est difficile à réaliser en dalles, en raison de la sous-couche élastique, qui risquerait de produire des distorsions entre les dalles ;
  • le carrelage sur sous-couche : les carreaux sont rendus adhérents par vulcanisation à chaud d’une sous-couche de caoutchouc intercalée entre la sous-couche résiliente et le carrelage ;
  • le parquet sur sous-couche : il s’agit là encore d’un revêtement rigide sur sous-couche résiliente. Attention à ce que la colle utilisée conserve les qualités de résilience de l’ensemble ;
  • la dalle flottante : béton coulé sur une couche de fibres minérales, le tout recouvert d’un revêtement (parquet, etc., ou revêtement isolant).

Quand le revêtement est usé, son efficacité acoustique peut être dégradée, voire même annulée. Les revêtements de sol textile n’apportent aucune amélioration vis-à-vis des bruits aériens. Ils sont totalement inefficaces contre les bruits provoqués par la flexion des parquets anciens. Dans ce cas, il faut déposer le plancher et le faire remonter par un spécialiste.

Traitement des points faibles acoustiques d’une façade

Le renforcement de l’isolement des logements contre les bruits extérieurs peut engendrer la résurgence des bruits de voisinage ou d’équipement précédemment couverts par les bruits extérieurs. Cet effet, qui est d’autant plus important que les travaux engagés sur la façade offrent de bonnes performances acoustiques, peuvent justifier un renforcement de l’isolation contre les bruits provenant des autres appartements.

“Isoler de façon importante peut avoir des conséquences négatives. Ainsi, dans les années 90, on a réalisé un énorme travail d’isolation des façades de HLM. Les habitants étaient alors mieux protégés du bruit extérieur mais percevaient plus les bruits du voisinage”, se remémore Anne Balaÿ. “Reste qu’avec l’existant, la qualité sonore ne sera pas toujours identique à celle qui est prise en compte dès la conception d’un projet neuf”, poursuit-elle. Donc, il ne faut pas hésiter lors de la construction de votre future maison à vous renseigner auprès de l’architecte ou de l’entreprise générale, voire auprès d’un acousticien.

Parallèlement au traitement des fenêtres, il est important de vérifier en tout premier lieu qu’il n’existe pas d’autres points faibles de la façade susceptibles de transmettre de manière importante les bruits extérieurs. Ces transmissions dites parasites sont toujours très importantes : un trou de quelques centimètres carrés suffit à dégrader l’isolement de l’ensemble de la façade. Traiter les transmissions parasites permet une amélioration du confort perceptible pour un coût limité. En revanche, ne pas les traiter tout en réalisant des travaux importants, c’est s’exposer à un résultat décevant et peu en rapport avec la somme engagée.

Pour traiter les maillons faibles, on peut faire appel à un architecte spécialisé ou à un acousticien. “Nous procédons en premier lieu à un diagnostic de l’ensemble de l’existant. Tout est passé en revue, notamment les trous, les percements, les conduits. Après, on agit au cas par cas. On rebouchera, par exemple, une cheminée qui ne sert plus et qui véhicule le son”, explique Anne Balaÿ.

De plus, il ne faut pas négliger la ventilation ! Des entrées d’air acoustiques doivent être mises en place dans les pièces principales. Généralement placées dans les traverses hautes des fenêtres (dans l’ouvrant ou le dormant selon les cas), elles seront dimensionnées en fonction du type de ventilation, naturelle ou mécanique. La détermination du type de ventilation se fait simplement en identifiant si les bouches d’extraction sont reliées ou non à un ventilateur.

Toute la musique que l’on aime

Lutter contre le bruit, les solutions acoustiques pour la maisonTout le monde a le droit de jouer d’un instrument chez lui. Il faut donc que ce droit puisse s’exercer sans pour autant compromettre le droit au repos et le droit au silence. De fait, le bruit des instruments de musique constitue une source importante des contentieux entre voisins.

Pour les instruments portés (violon, flûte, saxophone,…), dont le son se propage par l’air, envisager une isolation contre les bruits aériens (améliorer l’isolation des parois, soit par un complexe de doublage prêt à l’emploi – plâtre/laine minérale ou plâtre/mousse -, soit par un doublage sur ossature métallique).

Pour les instruments posés à même le sol (piano, batterie, violoncelle), qui transmettent des bruits solidiens par les structures, installer des sourdines sur les instruments et/ou disposer sous leurs pieds des plots anti-vibratiles qui réduisent la transmission du son. Mieux, envisager une insonorisation de toute la pièce, par la mise en oeuvre de planchers techniques (panneaux de particules avec sous-couche souple en fibre résiliente fabriqués spécialement à cet usage). On pourra même envisager une isolation totale des sols, murs et portes plafonds, de type ‘boîte dans la boîte’. “On désolidarise les murs, sols et plafonds afin de limiter la propagation du bruit. C’est une solution idéale pour l’insonorisation d’une cave. On peut même réaliser avec ce système, une petite cabine à l’espace suffisant pour y exercer un instrument. Les parents et les voisins vivant au-dessus ne seront pas dérangés par le son de la batterie”, souligne Anne Balaÿ.

Lise Bollot

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