Décoration textile : une surprenante capacité d’innovation
L’univers de la décoration textile se révèle être d’une richesse insoupçonnée. En effet, de jeunes créateurs renouvellent le genre avec bonheur tout en apportant à leur travail des dimensions éthiques et de développement durable tout à fait dans l’air du temps. Découverte.
Alors que la tendance au mobilier contemporain et au minimalisme s’affirme, surtout dans les grandes agglomérations, ce serait aller un peu vite en besogne que de penser que la décoration traditionnelle et plus particulièrement la décoration textile, est vouée à disparaître.
Au contraire, les éditeurs de tissus, passementiers, tapissiers d’art et autres éditeurs de tapis, qu’il s’agisse de maisons illustres ou modestes, se portent plutôt bien.
Si les motifs et les styles issus de l’histoire continuent donc de décorer les logements, il convient de noter quand même que les créateurs de textiles sont également sensibles, comme le reste de la société, aux grands thèmes du moment : nature, écologie et développement durable.
Si la nature a de tous temps été présente dans les éléments de décoration, la nouveauté tient plutôt en ce qu’une batterie de jeunes créateurs se la réapproprie en utilisant sa matière et, pour plusieurs d’entre eux, dans un esprit éthique et avec un souci du développement durable qui deviennent, pour le coup, sources d’inspiration.
Une démarche similaire est suivie par le créateur Miguel Cisterna, qui brode à son tour faune et flore mais qui, par principe, détourne des matières anodines (apparemment) telles la paille, le raphia également, le crin de cheval voire les coquilles de moules pour les transformer en textiles d’une grande noblesse. Une approche extrêmement sensuelle du textile donc comme en témoignent les surprenantes créations de Florence Bost dont les tissus, qui incrustent cette fois les dernières technologies, sollicitent non seulement la vue mais également l’ouïe et l’odorat avec des tissus sonores et/ou odorants. Grâce à la microélectronique, elle est même parvenue à créer des rideaux de soie musicaux équipés de mini haut-parleurs.
Les éditeurs de tissus restent, malgré l’usage éventuel de la technologie, de remarquables artisans. Ainsi, Betty de Paris crée elle-même toutes ses teintures à base de pigments naturels, de l’indigo du Japon qui donne le bleu à la racine de garance qui donne le rouge. Autre exemple, Carine Mandel qui peint à la main ses tissus, travaillés sur mesure avec effets de matières et de transparence. Françoise Boesch, quant à elle, utilise le pochoir pour créer des motifs élaborés qu’elle peut ainsi décliner sur tous les textiles de la maison, des rideaux au linge de maison.
Enfin, afin d’illustrer l’étonnante créativité des concepteurs dans un domaine apparemment plus traditionaliste qu’il ne l’est vraiment, citons le travail de Serge Olivares qui a conçu l’étonnant concept d’une chaise ancienne – Louis XV, Louis XVI ou Napoléon III par exemple – totalement habillée, modernisée et stylisée selon le caractère d’une personnalité. Ainsi, la chaise classique, dont la structure formelle est parfaitement conservée, devient-elle une chaise (dans l’ordre chronologique) ‘Marie-Antoinette’ ou ‘Rita Hayworth’, ‘Marylin Monroe’, ‘Queen Elizabeth’ ou… ‘Jane Birkin’. Les chaises sont patinées, brodées, ornées de plumes, pierres ou strass, accessoirisées de dentelles et passementeries, etc.
Comme quoi, du sol aux murs en passant par le linge de maison et les meubles, l’univers de la décoration textile est d’une richesse insoupçonnée, qui n’a rien à envier aux designs des apôtres de la modernité et de la décoration contemporaine.
Voir également notre album photo ‘Le textile dans la maison sous toutes ses coutures’.



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