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Traiter sa charpente, c’est protéger sa maison

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Le décret n°2006-591 du 23 mai 2006 (1) impose, dans les bâtiments neufs comme lors des interventions sur l’existant, d’utiliser en éléments de structure, des bois ou matériaux dérivés, soit naturellement résistants aux insectes, soit traités pour renforcer leur durabilité. Dans ce contexte, traiter sa charpente devient une nécessité impérieuse. Détails.

Traiter sa charpente, c’est protéger sa maisonDe fait, tous les éléments en bois d’une maison, au rang desquels la charpente, sont la proie de nombreuses nuisances tels que les insectes à larves xylophages, les termites et les champignons, lesquels peuvent rendre une maison très fragile et dangereuse pour ses occupants. Heureusement il existe des traitements préventifs et curatifs. D’ailleurs, chaque année, plus de 50.000 chantiers font l’objet d’un traitement curatif des bois à la suite d’attaques occasionnées par ces nuisances. “A chaque pathologie du bois il existe un traitement préventif ou curatif”, précise Monsieur Dupuis, gérant de ISS bati service.

Dans le cadre d’une construction, la pérennité d’un ouvrage en bois dépend de l’évaluation des risques biologiques pour le bois mis en oeuvre, du choix de l’essence de bois en fonction de sa durabilité naturelle ou conférée par un traitement préventif adapté au risque.

Deux normes permettent aujourd’hui au concepteur, au maître d’oeuvre ou à l’architecte de faire ces évaluations et d’effectuer le bon choix : la norme EN 335 traitant des classes d’emploi du bois et la norme EN 350 traitant de la durabilité naturelle et de l’imprégnabilité des essences.

Traiter sa charpente, c’est protéger sa maisonDe manière préventive, il convient de maintenir des conditions d’hygiène normales et des mesures telles que nettoyer les abords des maisons (enlever papiers, cartons, bois, etc.), de ne pas entreposer de bois de chauffage contre les murs extérieurs, de supprimer toute source d’humidité anormale (infiltration, etc.), d’exercer une bonne ventilation de l’habitat, de contrôler régulièrement les combles et sous-sols et de contribuer à la prévention d’infestation. En clair, humidité et objets à base de cellulose constituent des sources potentielles de pathologies. Il arrive néanmoins que l’on ait pas suffisamment entretenu sa charpente, que l’on ne soit remonté dans le grenier pendant plusieurs mois. Du coup, le jour où on s’y aventure pour ordonner l’endroit dans lequel on y a entreposé des ouvrages et des vieux bibelots en bois, on découvre avec stupeur la présence de ‘bestioles’ sur sa charpente, des trous de sortie d’insectes, des sciures apparentes…

Traiter sa charpente, c’est protéger sa maisonDans ce cas, ne paniquez pas, mais faîtes intervenir une entreprise compétente dans ce domaine, qui établira un devis précis basé sur un diagnostic. Ce diagnostic (non recevable pour une transaction immobilière) permettra d’avoir une analyse complète de la situation : nature de l’attaque, localisation de l’infestation, traitement préventif ou curatif… Un gage de sérieux est la certification de services CTB-A+ (Centre Technique du Bois et de l’Ameublement). La certification de services CTB-A+ s’appuie sur des référentiels de prescriptions techniques élaborés par le CTBA en collaboration avec les professionnels du traitement.

Cela étant, si cette certification vous offre des garanties, toutes les entreprises ne sont pas pour autant à bannir. Enfin, méfiez-vous des pseudos spécialistes qui viennent vous démarcher et vous sortent par enchantement, pour simplifier, un morceau de bois infesté qu’ils avaient dissimulé sous leur veste.

Traiter sa charpente, c’est protéger sa maisonLa mise en oeuvre d’un traitement des bois contre les insectes à larves xylophages (capricorne des maisons, vrillettes et lyctus) consiste en un nombre déterminé d’opérations qu’il convient de confier à des professionnels afin d’avoir un résultat efficace. S’agissant des traitements dits préventifs, il consiste à sonder l’ensemble des bois pour s’assurer qu’aucune attaque n’est à déplorer, puis d’effectuer des injections dans les ancrages, c’est-à-dire les parties s’encastrant dans le mur, mais aussi de pulvériser des produits certifiés CTB-P+ reconnues pour leur efficacité et leur acceptabilité écotoxicologiques.

Pour ce qui est du traitement curatif, ces opérations consistent en un sondage de l’ensemble des bois pour identifier les zones contaminées, un bûchage des bois infestés pour éliminer les parties vermoulues et sans résistance mécanique, un brossage et dépoussiérage de l’ensemble des bois pour éliminer la vermoulure dans les galeries creusées par les larves et mises à nu par le bûchage, un nettoyage du chantier, un traitement par injection ou inoculation au moyen d’un produit certifié CTB-P+ et une double application de surface sur l’ensemble des faces accessibles pour éviter toute ponte ultérieure.

Une autre méthode consiste à mettre en oeuvre des produits sous forme de gel. Pour ce type d’application, les phases préparatoires restent identiques, seule la partie injection diffère puisqu’elle ne concernera qu’une partie limitée des pièces de bois (grosses sections) et les ancrages.

Traiter sa charpente, c’est protéger sa maisonLe référentiel des prescriptions techniques contre les champignons lignivores définit les étapes à respecter lors d’une pathologie champignon diagnostiquée, ainsi que le procédé de mise en oeuvre à suivre pour garantir l’efficacité de la technique. Ainsi, dans ce type de traitement, la première étape, primordiale, consiste en un état des lieux du bâti pour identifier non seulement le type de champignon rencontré, mais aussi les origines du dérèglement hydrique du bâti. En effet les problèmes dûs aux champignons sont avant tout liés à des problèmes de conception ou d’entretien du bâti, à savoir des pièces mal ventilées ou des humidités anormalement élevées.

Le constat initial fait, les premières mesures curatives consisteront donc à mettre hors d’eau le bâti puis à rétablir des conditions d’hygiène satisfaisante (cette étape n’est pas à la charge de l’entreprise). La troisième étape est une phase d’exploration et d’assainissement qui consiste à déposer tout revêtement masquant les surfaces du sol, des maçonneries et à détruire l’ensemble des éléments dont les caractéristiques se révèlent insuffisantes. La quatrième étape est la phase de traitement à proprement dite avec injection et pulvérisation des sols, maçonneries et bois selon les préconisations définies dans le référentiel.

Traiter sa charpente, c’est protéger sa maisonIl est difficile de donner une estimation du coût d’un traitement tant il est vrai que celui-ci est fonction du degré d’infestation, de la surface de la charpente et du type de pièces infestées. Ainsi, selon le degré d’infestation, le temps de bûchage peut se révéler plus ou moins long. En tout état de cause, il est vous est vivement recommandé de faire appel à différentes entreprises afin de comparer les devis. Une fois le spécialiste choisi, sachez que l’Anah (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat) apporte des aides financières et des Conseils généraux subventionnent ce type d’opération. Pour plus d’informations, adressez-vous donc à votre mairie et au CTBA, par exemple.

Traiter sa charpente, c’est protéger sa maisonCela dit, les bois utilisés sont de plus en plus résistants, tout en respectant l’environnement. En témoigne, par exemple, un traitement pour le bois de construction, le procédé Wood Protect®, mis au point par des chercheurs de l’unité INRA-INPT-ENSIACET de Toulouse et les équipes R&D de l’entreprise Lapeyre. Ce traitement, protègeant le bois à coeur contre les agressions extérieures tout en lui conférant une stabilité et une durée de vie inégalées, repose sur un procédé chimique utilisant des réactifs naturels et non toxiques. La création de produits chimiques plus respectueux de l’environnement, notamment à partir des ressources agricoles, contribuera encore à l’engouement pour l’usage du bois dans les charpentes.

(1) relatif à la protection des bâtiments contre les termites et autres insectes xylophages et modifiant le code de la construction et de l’habitation.

Lire également à ce sujet nos articles :
- ‘Invasions de termites : comment réagir ? Comment se prémunir ?’ ;
- ‘La mérule : un champignon redoutable, au doux nom de ‘lèpre des maisons”.

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Commentaires

1

  • corinne Publié le

    bonjour, voilà j’ai un professionnelle qui es venu traiter ma charpente par injection et il a oublié de calfeutré mon aération de ma salle de bain et d’autre ouverture qui mène dans mon grenier a mes pièces a vivre et l’odeur insupportable a envahi ma maison j’ai des enfants chez moi et j’aimerai savoir si le produit que l’on respire avec difficulté et dangereux pour la santé? merci de me répondre rapidement …

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