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Récupération de l’eau pluviale : respect de l’environnement et économie d’argent

Bien que la France accuse un retard important par rapport à ses voisins européens (Allemagne, Belgique,…), l’idée de récupérer l’eau de pluie semble faire son chemin chez nombre de particuliers. L’intérêt : économie et respect de l’environnement. Détails.

L’air et l’eau sont deux éléments vitaux pour les êtres vivants. Le premier est gratuit, le second payant. Certes l’eau fait l’objet d’un traitement, lequel engendre un coût. Mais ce coût peut s’avérer excessif selon l’enquête réalisée par l’association UFC Que choisir. En effet, celle-ci dénonce des abus sur le prix de l’eau dans les villes de plus de 300.000 habitants. L’eau y est facturée une fois et demie de plus que ce qu’elle coûte et jusqu’à plus de deux fois en Ile-de-France. De plus, 93% des 150 litres d’eau potable utilisés par jour et par personne ne correspondent pas à des besoins alimentaires (boisson et alimentation).

De fait, récupérer l’eau pluviale dès lors devient une solution intéressante. D’ailleurs cette option est préconisée par Sandrine Cabrit-Leclerc, consultante en environnement et développement durable pour les collectivités locales et les entreprises, dans son ouvrage L’eau à la maison (Edition Terre vivante, 25 euros). Le principe est aussi simple qu’utile et se décrit comme suit. La pluie qui tombe sur la toiture est dirigée vers une citerne au moyen de gouttières et de chenaux. L’eau est alors épurée par un filtre situé avant le collecteur pour éliminer les débris et éviter le développement de vase. Dès que la citerne se remplit, un trop-plein permet de diriger les eaux vers le réseau d’eaux pluviales. Un système de pompe ou groupe hydrophore permet de pomper l’eau et de la mettre sous pression de façon à alimenter les conduites d’eau de la maison en réseau séparé afin d’alimenter les sanitaires et les appareils électroménagers.

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Il est recommandé de penser une telle installation le plus en amont possible du projet de construction, tant pour des raisons pratiques que de coût. Ainsi, l’ouvrage cite l’exemple d’un couple lyonnais qui, ayant intégré le système dans leur projet de construction de maison, avait profité de la présence des pelleteuses lors du chantier pour faire creuser le trou nécessaire à la citerne. Récupérer l’eau de pluie est une chose, l’économiser en est une autre. C’est la raison pour laquelle, il est nécessaire avant tout usage d’installer des appareils économes en eau, d’identifier les postes qui consommeront l’eau pluviale et d’apprécier les besoins. A titre d’exemple, pour couvrir les besoins des WC d’une habitation, 15 à 20m² environ de toiture par personne sont préconisés.

La qualité de l’eau récupérée quant à elle dépend des matériaux constituant la toiture, les canalisations et la citerne car ceux-ci peuvent l’améliorer ou la détériorer. S’agissant de la toiture, les matériaux naturels (tuiles, ardoises, pierre) sont très indiqués. A l’inverse, les tôles en fibrociment contenant de l’amiante et les toitures à base de goudron sont à bannir. En effet, dans ce dernier cas, récupérer de l’eau polluée par l’amiante ou par du goudron ne constituerait plus une solution judicieuse de gestion de l’eau mais un vrai risque sanitaire. Par ailleurs, lors des écoulements, des particules telles que les feuilles, les débris, etc. provenant de la toiture se mélangent avec l’eau. Pour purger l’eau de ces impuretés, des filtres (dégrillage, crépine) en amont de la citerne s’imposent. Pour ce qui est de la citerne en béton ou en polyéthylène, elle doit être hermétique, protégée des pollutions externes, équipée d’un système d’aération, d’un indicateur de niveau, d’un trop-plein d’évacuation muni de grille et d’un clapet anti-retour.

Ce contenant dans lequel l’eau est récoltée peut être soit enterré dans le jardin, soit installé dans la cave. Préférez les citernes en béton ou en maçonnerie, dans la mesure où les composants basiques du béton ou du mortier neutralisent l’acidité naturelle de l’eau de pluie en y incluant un peu de sels minéraux, aux réservoirs en acier ou en polyéthylène qui rendent l’eau putride et inutilisable. Sachez qu’il existe des citernes (réservoirs décoratifs de jardin) aux formes esthétiques (menhir, amphore ou mur) plus discrètes. Ces cuves ont une capacité qui varie entre 1 et 30 m3, les plus vendues étant celles de 5, 7 et 10 m3. Celles-ci peuvent d’ailleurs être couplées. En clair, pour obtenir une capacité de 10m3, vous pouvez acheter deux citernes de 7 et 3m3, par exemple. Avantage : "les petites citernes en béton sont moins onéreuses que les grandes", explique Bertrand Gonthiez, directeur d’Aquavalor. Leur coût varie entre 550 et plusieurs milliers d’euros. Il est impératif d’adapter la taille de la cuve à la surface de captage, à la pluviométrie du site et aux besoins de la famille. "On constate parfois des situations aberrantes, par exemple, un particulier sur les conseils d’un maçon avait conçu une installation de 30m3. Il lui avait fallu une année pour remplir ses cuves", s’étonne-t-il. Pour une habitation de quatre personnes, d’une superficie de 100m², dont les usages visent les WC, le lave-linge, le lave-vaisselle et l’arrosage du jardin, une citerne d’environ 15m3 de capacité sera indiquée.

Le coût d’une installation complète peut aller d’environ 3.000 à plus de 8.000 euros TTC. L’utilisation d’eau de pluie est attrayante dans la mesure où elle augmente la durée de vie de vos appareils ménagers et vous permet de réaliser quelques économies. En effet, la douceur de l’eau de pluie évite l’usage d’anticalcaire et diminue votre consommation en shampoing ou de lessive, par exemple. Avec de l’eau de pluie le shampoing mousse plus facilement. Par ailleurs, si vous désirez boire l’eau ainsi récupérée, il faudra ajouter un filtre à UV d’un coût d’environ 700 euros TTC permettant de détruire 99% des bactéries. D’un coût de 30 euros, la lampe, devra être changée une fois par an. En résumé, si vous souhaitez uniquement arroser votre jardin ou votre potager, un simple tuyau d’arrosage fera l’affaire. Si en plus vous voulez utiliser l’eau pour les WC, le lave-linge, le lave-vaisselle, etc. exception faite de la consommation et de la boisson, un réseau d’eau distinct s’imposera. Enfin, si vous désirez y inclure la boisson, l’installation pourra être raccordé au réseau auquel il faudra ajouter les filtres correspondants. Rassurez-vous, quelque soit l’usage, chaque fois que la citerne sera vide, le réseau d’eau traditionnel prendra le relais.

Sachez qu’en groupant vos achats avec votre voisinage, vous pourrez négocier les prix et bénéficier d'un "prix spécial" allant jusqu'à -20% du montant total de votre facture. Contrairement aux ENR (énergie renouvelable), la récupération d’eau pluviale n’est peu ou pas subventionnée. Certaines communes ou communautés de communes néanmoins favorisent de telles installations pour désengorger par exemple les stations d’épuration. Pour cela il convient de se renseigner auprès de sa mairie, de son syndicat intercommunal voire de son Conseil général ou régional. En tout état de cause, pionnières, certaines communes montrent l’exemple en l’intégrant dans des locaux collectifs. Ainsi, au Petit-Quevilly, près de Rouen, une société de HLM a construit une résidence où les toilettes sont alimentées par l’eau tombant sur les toits, stockée en sous-sol. La ville de Saint Denis quant à elle utilise les eaux de pluies pour le nettoyage des alentours du marché, indique le site Aquavalor.

Un particulier averti peut installer seul l’équipement mais la prudence requiert de faire appel à un professionnel, le plus souvent un plombier. Le temps d’installation peut aller d’une journée à quelques jours selon la dextérité de l’installateur et le contexte du chantier. Pour ce qui est de l’entretien, il suffit de nettoyer au moins deux fois par an les filtres, la mousse, un fois par an, le fond de la cuve au moyen d’un karcher pour éliminer les impuretés. A noter qu’il existe également des réservoirs souples, livré avec un kit de réparation en cas de trou, "dont l’avantage est la facilité d’installation et de désinstallation", indique Alain Constant, agent commercial chez Sodev-eau. L’équipement est garanti un an minimum (exception faite des trous dans le réservoir auquel cas il vous faudra utiliser le kit de réparation).

Pour conclure, avant toute acquisition d’un système de récupération de l'eau, deux conseils : d’abord y penser le plus en amont possible, surtout s'il s'agit d'une construction neuve, puis s'adresser à des fabricants et vendeurs ayant fait leur preuve car la profession est peu réglementée.

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