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Le chauffe-eau solaire : écologique et rentable

L’écologie est désormais une préoccupation majeure des Français et le chauffe-eau solaire individuel (CESI) à valeur d’exemple. De fait, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), plus de 8.000 chauffe-eau solaires ont été installés en France métropolitaine en 2004, soit 50% de plus qu’en 2003.

Le chauffe-eau solaire : écologique et rentableCet engouement ne résorbe en rien cependant le retard pris par la France par rapport à quelques-uns de ses partenaires européens. En effet, si 88.410 m² de panneaux ont été installés en France en 2003, l’Allemagne en installait dans le même temps… 770.000 m². En volume, l’Hexagone arrive certes au quatrième rang en Europe, après l’Autriche et la Grèce. Mais si l’on compare ces volumes en fonction de la population, on s’aperçoit qu’avec 9 m² pour 1.000 habitants, (288 pour l’Autriche, 49 pour le Danemark et 21 pour la Suède notamment), la France n’est qu’en neuvième position en Europe. D’autant plus que ce type d’énergie est plus développé dans les départements d’outre-mer pour des raisons surtout fiscales.

Mais, doucement, les choses changent. La meilleure preuve en est peut-être qu’une société comme Velux, spécialiste des fenêtres de toit, vient de mettre sur le marché des capteurs ressemblant à s’y méprendre à… des fenêtres de toit. Une telle société ne se lance pas à l’assaut d’un marché qui n’est pas a priori le sien sans de solides assurances que le marché est mûr pour ses produits. Autre exemple, le constructeur de maisons individuelles ‘Les Demeures de la Côte d’Argent’ propose désormais en catalogue un nouveau modèle de maison, baptisé ‘Verdélite’, dotée d’un chauffe-eau solaire intégré couvrant 70 à 80 % des besoins énergétique liés à la production d’eau chaude, l’appoint électrique fonctionnant pendant les heures creuses.

Les réticences du marché français sont en grande partie liées au coût : de 3.000 à 5.000 euros selon l’ADEME pour un chauffe-eau solaire, équipé de 4 m² de capteurs et d’un ballon de 200 à 300 litres destiné à servir trois à quatre personnes (le coût moyen est d’environ 840 euros TTC pour la fourniture et la pose des équipements par mètre carré de capteurs installés). Cela représente entre cinq et dix fois le coût (achat et pose compris) d’un chauffe-eau électrique classique. Cet investissement doit cependant être entendu en regard des substantielles économies qui seront réalisées à moyen et long terme, l’eau chaude ainsi produite ne coûtant pratiquement que le prix de l’eau. “L’installation d’un chauffe-eau habituel est peu onéreuse mais à fonds perdus tandis qu’un CESI est un bon investissement financier à long terme, sans compter le bénéfice direct sur l’environnement”, explique M.Hochedez, fabricant et installateur de chauffe-eau solaires.

Le chauffe-eau solaire : écologique et rentableLes installateurs estiment ainsi qu’un chauffe-eau solaire sera remboursé au plus en dix ans par la différence de consommation d’électricité, en moins d’années encore dans les régions à fort ensoleillement ou celles au contraire qui utilisent le chauffage sur de longues périodes (Danemark et Suède par exemple). Certes, un fort ensoleillement est préférable mais rien n’interdit le chauffe-eau solaire n’importe où en France. Ainsi un chauffe-eau solaire de 4 m² à Lille, qui ne bénéficie pourtant que de 1.500 heures de soleil par an, produit 50% des besoins d’eau chaude d’une famille de quatre personnes.

Par ailleurs, si les primes de l’ADEME, qui s’échelonnaient de 600 à 1.140 euros jusqu’en 2004 ont depuis été remplacées par un crédit d’impôt de 50% (Lire à ce sujet notre article ‘Le crédit d’impôt pour les dépenses d’équipements de production d’énergie utilisant une source d’énergie renouvelable‘), les régions, départements et communes s’engagent dorénavant plus avant, même si c’est encore de façon un peu dispersée, pour inciter le grand public à s’équiper.

Le chauffe-eau solaire : écologique et rentableA titre d’exemple, voici les dernières communes en date (compilation réalisée par le site Tecsol) ayant décidé d’octroyer des aides : Pamiers en Ariège (60 euros/m² pour le thermique et 600 euros par kWc pour le PV), Communauté du Pays d’Aix (700 euros / chauffe-eau solaire et 1000 euros / chauffage), Locquirec dans le Finistère (300 € /chauffe-eau) Communauté du Grand Nancy (100 € / m²), Maxéville et Villers les Nancy (+ 150 €), Fontaine-lès-Dijon (450 à 640 €/chauffe-eau), Villeneuve d’Ascq ( 300 euros/chauffe-eau et 350 euros/Chauffage), Chalon-sur-Saône (100€/m²), Auxerre (100€/m²), ( Bourges (18), La Chapelle-Saint-Ursin (18), Libourne (33), Capdenac (12), Deux Rivières (54). La Haute -Loire (43) et le Cher (18)… Elles rejoignent la liste déjà longue des Départements qui accordent des aides.

Les régions ne sont pas en reste. La région PACA par exemple, qui fut l’une des dernières à se lancer (avec l’Ile-de-France) offre désormais (pour 2005) un ‘chèque énergie renouvelable’ d’une valeur de 700 euros. Depuis le début de cette initiative, en 2004, les ventes ont triplées.

A noter également que l’installation complète bénéficie d’un taux de TVA réduit à 5,5% pour les travaux réalisés par un professionnel et effectués dans des habitations achevées depuis plus de deux ans.

Les choses évoluent donc…. “On commence à faire pas mal de devis, les gens s’y intéressent de plus en plus”, assure un installateur de Laval (Mayenne). Une assertion confirmée aussi bien en Alsace, plus de 100 installateurs désormais, qu’en Bretagne ou en Pays de la Loire, une région qui compte déjà près de 500 CESI installés. “C’est un marché en expansion”, explique M.Catti de l’ADEME de Haute-Normandie. … Mais pas aussi vite que d’aucun pourrait le souhaiter. En lançant le plan soleil en l’an 2000, l’ADEME prévoyait l’installation de 50.000 CESI “d’ici 2006”. Plus mesurée aujourd’hui, l’Agence espère que plus de 10.000 seront installés en 2005 (à comparer avec les 8.000 installés en 2004)?

A noter par ailleurs que l’installation d’un CESI, s’il peut se révéler très pratique pour une maison individuelle, l’est beaucoup moins pour les logements collectifs, notamment à Paris. “C’est un problème de site”, explique Christian Delfosse, un installateur parisien. “On ne peut pas mettre des panneaux solaires sur des toits du 18ème siècle, dit-il. De plus il s’agit surtout à Paris de copropriétés et on ne peut pas installer des capteurs sur les toits du sixième pour un client du premier”. Il convient cependant que l’installation de CESI démarre tout doucement en banlieue et qu’un CESI est “indispensable” pour qui habite le sud de la France.

Enfin, dernière remarque, la technologie et les produits sont aujourd’hui fiables, ce qui ne fût pas toujours le cas lors de la création des premiers panneaux vers la fin des années 70.

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