Economiser l’énergie, comment faire ?
Dans le cadre d’une opération de construction ou de rénovation, il est possible de produire sa propre énergie pour chauffer ou éclairer la maison. De même, il existe quelques solutions pour mieux réguler sa consommation d’énergie dans la vie de tous les jours.
Le chauffage
Dans un premier temps, l’architecture bioclimatique (lire notre article ‘Qu’est-ce qu’une maison bioclimatique ?’) permet d’appréhender, entre autres, l’énergie solaire. En effet, le bâtiment est construit de telle sorte que le climat – et donc le soleil – permettent de subvenir aux besoins et au confort des occupants de l’habitation.
L’énergie du soleil peut également être convertie en énergie grâce à des capteurs solaires. La chaleur est récupérée par des fluides conducteurs de chaleur qui chauffent de l’eau, laquelle est ensuite distribuée en tant que chauffage dans l’ensemble de la maison selon deux méthodes, selon que cette eau est stockée ou non. Dans le premier cas, l’eau est immédiatement répartie par un sol chauffant à basse température, c’est-à-dire ne dépassant pas 28°. Dans le second cas, l’eau chauffée est stockée dans un réservoir. Ce dernier système s’utilise surtout dans le bâti existant.
Autre méthode de chauffage respectueuse de l’environnement : le chauffage bois. De la simple cheminée à la chaudière à chaleur inversée, l’énergie bois est en quelque sorte de l’énergie solaire ‘végétale’. Le bois ne rejette que le gaz carbonique qu’il a stocké. Il se crée un cycle qui se reproduit éternellement. De fait, l’utilisation de 4m³ de bois énergie permet d’économiser une tonne d’équivalent pétrole (TEP) et d’éviter en moyenne l’émission de 0,8 tonne de rejet de CO2 dans l’atmosphère, complète le CIELE. Là encore, les prix des chaudières à bois, de 2.000 à 7.622 euros, peuvent être revus à la baisse grâce à un crédit d’impôt accordé par l’Etat (lire à ce sujet notre article ‘Le crédit d’impôt pour les dépenses d’équipements de production d’énergie utilisant une source d’énergie renouvelable’).
L’isolation
Quel que soit le type de chauffage choisi, il ne sera pas efficace sans une bonne isolation de la maison. Il n’existe pas de matériaux d’isolation meilleurs que d’autres puisque, du moment que l’isolant participe à la réduction de la consommation d’énergie, il rentre dans le cadre de la démarche HQE, en privilégiant particulièrement l’isolation par l’extérieur.
En effet, selon l’Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie (ADEME), l’isolation extérieure permet, entre autres, de réguler de meilleure manière les ponts thermiques à l’intérieur de la maison, l’isolant recouvrant alors l’ensemble du logement. Elle protège des variations climatiques et, enfin, ne rogne pas sur la surface habitable, ce qui est toujours appréciable quand on manque un peu de place. De même, celle-ci sera plus efficace avec des épaisseurs importantes (lire aussi notre article ‘Le crédit d’impôt pour les dépenses de matériaux d’isolation thermique et d’appareils de régulation de chauffage’).
L’électricité
Le soleil peut également se convertir en électricité par le biais de cellules photovoltaïques. Adaptables partout où il y a de la lumière, ce système a l’avantage d’être à la fois durable et simple d’installation et de maintenance.
Durable car un système de cellules photovoltaïques montées sur une toiture a une espérance de vie de 25 à 30 ans. De plus, il est évolutif, en ce sens qu’il est possible d’augmenter les capacités de stockage.
Simple à monter car, moyennant quelques conseils, un non-professionnel peut les adapter. Quant à la maintenance, elle se résume à vérifier à la propreté des capteurs et le bon état des batteries en milieu isolé. Revers de la médaille, le système n’est rentable que sur le long terme, entre 10 et 30 ans selon l’ensoleillement de la maison.
Si EDF rachète les surplus d’électricité, les prix d’achats sont faibles : 55c€/kWh en France métropolitaine et dans les DOM-TOM (prime d’intégration au bâti incluse), alors que le coût à l’achat des cellules est, lui, particulièrement élevé. En 2000, le coût minimum d’un système complet se situait aux environs de 7.500 euros TTC (pose comprise). Ce coût est toutefois à revoir à la baisse puisque le marché se développe, d’autant qu’il existe plusieurs aides et subventions (consulter à ce sujet nos dossiers ‘Aides & Subventions’ et ‘Crédit d’impôts’).
L’eau chaude
Pour chauffer l’eau naturellement, il est possible d’utiliser des chauffe-eau solaires. Les capteurs chauffent l’eau dans un ballon qui est ensuite redistribuée pour la consommation sanitaire. Ce système permet alors des économies sur la facture d’énergie du logement de 40 à 60% en moyenne annuelle, soit environ 150 euros sur l’année, explique-t-on au CIELE. 3 à 5m² de capteurs avec un ballon de 200 à 300 litres (3 à 4 personnes) coûtent entre 3.050 et 5.300 euros TTC, pose comprise. Là encore, il existe des aides pour réduire la facture (voir les liens ci-dessus).
Si l’eau recouvre 70% des terres, il ne s’agit pas en revanche d’une ressource inépuisable. Bien au contraire, son coût à la consommation tend à augmenter. D’où le besoin de mieux contrôler sa gestion. Ainsi, il peut être utile d’installer des équipements sanitaires à basse consommation, voire en installant des compteurs individuels sur la robinetterie. Par ailleurs, il n’est pas non plus superflu de prévoir un système de récupération d’eau de pluie, qui servira ensuite à l’arrosage du jardin (lire à ce sujet notre article ‘Récupération de l’eau pluviale : respect de l’environnement et économie d’argent’).
Au-delà des capacités technologiques qui permettent de mieux maîtriser l’énergie, il s’agit plus d’un changement de comportement dans les habitudes de consommation qui permettront de réaliser des économies. “Chacun doit se repositionner en fonction de la maîtrise de l’énergie”, assène Olivier Siedler, ingénieur conseil en question environnementale dans la construction. “Il faut éteindre l’écran de l’ordinateur, même l’ordinateur quand on n’en a pas besoin. Les veilleuses comme celles des magnétoscopes consomment beaucoup d’énergie”, poursuit l’ingénieur. “On peut y remédier en installant des interrupteurs pour les prises électriques, sur le même principe qui existe pour les prises multiples. Si tout le monde changeait de comportement, on réduirait aujourd’hui notre consommation en énergie de 35%”. Bref, la maîtrise de l’énergie passe par la sensibilisation de tous.
Christophe Leray



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