Photovoltaïque: Les particuliers ont besoin de plus de visibilité
La concertation sur le photovoltaïque a accouché d’une nouvelle restriction: les installations photovoltaïques devront désormais respecter un quota annuel et national de 500MW. Interview de Joël Mercy, l’un des fondateur du Groupement des Particuliers Producteurs d’Energie Photovoltaïque (GPPEP), qui attend à présent un retour de la Direction Générale de l’Energie et du Climat (DGEC) sur les propositions de l’association.
Travaux.com: Vous avez fait des proposition suite à la concertation avec la DGEC, dans lesquelles vous proposez un quota d’installation de 300 MW/ an, contre 150 MW annoncé par cette dernière. Vous êtes donc favorable à l’instauration de ces quotas?
Joël Mercy: Au départ, bien sûr nous ne l’étions pas. Notre objectif est évidemment que la filière photovoltaïque se développe de plus en plus. Toutefois, lors de la réunion, la DGEC nous a dit “nous disposons de 2 milliards d’euros par an sur 10 ans pour alimenter la filière, il faut se débrouiller avec cette somme-là”. Quand on vous dit qu’il n’y a plus d’argent, il faut trouver des solutions.
Travaux.com: Après avoir été la filière favorite de la politique du grenelle, le photovoltaïque subit restriction sur restriction. Comment expliquez-vous cette volte face du gouvernement?
Joël Mercy:Les mesures prises, crédit d’impôt, tarif d’achat, ont été trop attractives. Cela a créé une bulle spéculative importante, en particulier alimentée par les grosses sociétés, pas par les particuliers. On commence maintenant à arriver à des taux un peu corrects. Les gens ont tendance à oublier qu’il était prévu depuis le départ que l’on réduise le crédit d’impôt jusqu’à ce qu’il disparaisse. Nous ne reprochons pas cela. Ce que nous regrettons ce sont les effets d’annonce du gouvernement. On ouvre les vannes et on les ferme du jour au lendemain, cela donne des à-coups inadmissibles pour la profession. Nous souhaiterions avoir de la visibilité sur 10 ans, cela permettrait aux intervenants, notamment les petits entrepreneurs, de pouvoir planifier, et ne pas disparaître.
Travaux.com: Quelles vont être les conséquences de ces quotas sur les particuliers désirant installer des panneaux? Cela va-t-il compliquer les choses?
Joël Mercy: Il y a aura forcément moins d’installations,
D’un point de vue concret, c’est toujours le problème de visibilité dans le temps qui se pose pour les particuliers. Il s’agit de familles, avec des moyens qui n’ont rien à voir avec les grosses entreprises, et qui investissent jusqu’à 20.000 euros, ce qui est une somme importante. Beaucoup vont emprunter, on a besoin d’un certain temps pour monter le projet, il faut donc qu’il y ait une visibilité importante, tant sur les tarifs d’achat que les crédits d’impôts et les quotas. Dans notre proposition, nous plaidons aussi pour l’instauration du tarif d’achat à la date de la demande ainsi que la suppression du dépôt de garantie pour les installations de 9 kW.
Travaux.com: Les réactions ont été très vives du côté des syndicats et des professionnels à l’annonce de ce plafond de 150MW. Certains accusent le gouvernement de vouloir couler la filière photovoltaïque…
Joël Mercy: Ce sont des réactions que je comprends, de nombreux d’entrepreneurs ont investi beaucoup d’argent. On a poussé les gens à se développer en ouvrant les vannes à fond, et maintenant on referme tout. Une fois de plus, il n’y a eu aucune visibilité. Pour les professionnels comme pour les particuliers. Le problème c’est que l’on est en période de crise, et qu’il faut faire des arbitrages. C’est ce que l’on essaie de faire avec notre révision des quotas. Maintenant la balle est dans le camp de la DGEC, nous attendons leur retour.
Propos recueillis par LG – Le 08/03/2011
A noter pour 2012 : Le taux des crédits d’impôts changent encore pour certains équipements, plan de rigueur Fillon oblige. Pour l’installation de panneaux photovoltaïques e taux pour l’année 2012 descend à 11% dans la limite d’un plafond de dépenses fixé à 3200 € TTC par kWc de puissance installée.



Poster un commentaire
Javascript doit être activé dans votre navigateur pour pouvoir ajouter des commentaires.