Maison positive: produire plus et consommer moins
En 2020, toutes les nouvelles constructions devront être passives. Les sociétés du bâti anticipent et proposent d’ores et déjà à leurs clients de suivre les édifications de leurs derniers fleurons: les maisons positives, une maison capable de produire plus que ce qu’elle consomme en énergie.
La réglementation thermique RT2012 avait permis de mettre un coup de boost à la promotion des maisons passives. En validant la RT2020 proposée au dernier Grenelle de l’environnement, les instances européennes exigent des professionnels du bâti de travailler sur le stade supérieur des habitats écolo : les maisons positives, pensées pour produire plus d’énergie qu’elles n’en utilisent.
Tentative des grands constructeurs
Velux a sauté sur l’occasion. Dans le cadre de son projet Model Home 2020, la société a lancé la construction d’une maison positive témoin à Verrières-le-Buisson, commune du Sud-parisien (91). La demeure sera ouverte au public début 2011 pendant six à douze mois. Dans ce logement, le chauffage et l’eau chaude sanitaire sont assurés par une pompe à chaleur reliée à des capteurs solaires et un plancher chauffant basse température.
Mais la grande efficacité du bâti réside dans une isolation thermique renforcée au maximum, et un système de ventilation et de toiture adaptables en fonction des conditions climatiques. “La Maison Air et Lumière s’inscrit dans un concept architectural modulaire de la toiture en pente, explique-t-on chez Velux. Le toit joue ainsi un rôle actif dans la performance énergétique de la maison. Quant à la ventilation, elle est assurée par un système double-flux ou est naturelle selon les saisons et les conditions climatiques”. La société bretonne “Maison Arteco”, qui fait visiter déjà depuis plusieurs mois une maison passive à Vannes (Morbihan), propose elle aux internautes de suivre en direct sur son site l’évolution des travaux d’édification de “la première maison positive jamais construite en Bretagne”. Ecop-habitat, spécialiste de la maison écologique et qui propose aussi à ses clients des devis pour maisons positives, joue franc jeu sur le sujet dès sa page d’accueil : “Attention toutefois, le coût d’une maison positive est souvent supérieur à 1800 euros TTC au m2.”
Une classification encore vague
Les maisons positives laissent donc encore sceptiques en France. En raison de leur coût jugé encore un peu excessif. Mais pas seulement… “Les seules vraies maisons de ce type existent en Allemagne et en Autriche”, lâche sur son site l’architecte vosgien Jean-Claude Tremsal. “Les maisons françaises qu’on appelle positives ne sont en réalité que des maisons passives auxquelles on a rajouté un équipement qui produit de l’énergie”, estime pour sa part Jérôme Bernard. Cet architecte-concepteur de Grasse (06) vit lui-même dans une maison positive qu’il fait visiter “environ quatre fois dans l’année”. La polémique anime le secteur des professionnels des énergies renouvelables quant à la légitimité de ce type de logements. Mais les sociétés, dont Velux, estiment qu’il “vaut mieux prendre dix ans d’avance sur la réglementation en y pensant dès maintenant “.










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