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Reportage: la rénovation écolo et économique d'un appartement marseillaisTransformer un trois fenêtres marseillais de 1830 énergivore en un appartement écologique tout en augmentant sa surface, c'est le pari qu'a relevé l’architecte Charles Gallavardin pour la rénovation de son propre lieu de vie. Résultat: un espace chaleureux où entre généreusement la lumière pour une famille de quatre personnes ayant su revoir intelligemment ses priorités dans l’habitat. Petit tour du propriétaire...C’est sur les hauteurs d’Endoume dans le Sud de Marseille, que l’architecte Charles Gallavardin a acquis il y a deux ans un petit T2 à la construction typiquement marseillaise dans le but de le transformer en un appartement familial et écologique. Allant contre l’adage que ce sont les cordonniers qui sont le plus mal chaussés, l’architecte, sensibilisé aux méthodes de construction écologiques lors de ses études en Suède y conçoit une rénovation intelligente et performante tant sur le plan des économies d’énergie que sur celui de l’optimisation de l’espace.
Dans une logique écologique, les travaux se concentrent donc en priorité sur l’isolation, et en particulier sur la paroi nord et sur la toiture de l’habitation: « nous avons fait le choix de mettre le budget dans la qualité de l’isolation, le mode de chauffage devenant ainsi une questions secondaire » confie l’architecte. En pratique, 30 cm de ouate de cellulose seront posés sur le toit, 12 cm sur le mur coté nord afin d’éviter les ponts thermiques. Côté menuiserie, dans les combles des velux à faible émissivité empêchent le froid comme la chaleur de rendre la pièce invivable. Afin d’utiliser les apports solaires au maximum, une large porte fenêtre à un vantail est installée sur le mur côté sud, laissant ainsi filtrer chaleur et lumière dans la pièce à vivre. Avec de tels travaux d’optimisation, le choix du chauffage est presque anecdotique. La famille opte pour des radiateurs électriques à inertie et effort écologique oblige, pour le fournisseur d'électricité vert « ENERCOOP ». Au final, avec quatre radiateurs, un chauffe eau électrique et la consommation lumineuse, la facture d’électricité de la famille ne s’élève qu’à 58 euros pour deux mois d'hiver. Des combles aménagés pour plus d'espace Autre tour de force de cette rénovation écosensible: avoir su retravailler l'espace pour optimiser chaque mètre carré. S'il est impossible de pousser les murs du petit appartement, en revanche, rien n'empêche de faire descendre le plancher... "Nous avons fait appel à des charpentier pour abaisser l'étage d'1 mètre afin de créer un véritable étage dans les combles", explique Charles Gallavardin. Des travaux de structure ingénieux qui permettent ainsi de disposer d'un véritable espace à vivre dans cet ancien grenier où la famille choisit d'installer la chambre parentale ainsi qu'un coin bureau. A terme, ces travaux leur permettent de disposer de 17mètres carrés supplémentaires. Mais le gain d'espace ne se joue pas uniquement dans l'aménagement de combles perdus. "Au niveau bas, intervient le maître de maison, nous avons repensé tout le cloisonnement pour que malgré une surface relativement limitée, on ait une impression d'espace". La recette miracle de l'architecte? Un redécoupage total de l'espace ultra cloisonné de départ au profit des pièces à vivre telles que le salon et la cuisine. Pour la salle de bains et l'espace placard, le minimum conventionnel: "La salle de bains fait la largeur exacte de la baignoire et les placard ont profondeur standard de 60 cm pas plus", affirme l'architecte avant de poursuivre: "J'engage toujours mes clients à construire un peu plus petit mais mieux, ici aussi c'est ce que nous avons voulu faire." Résultat, pas un mètre carré de gaspillé, et une place pour chacun et chaque chose. Plus d’espace, un surcoût compensable, et une plus value assurée. Si l'aspect écologique du projet se perçoit instantanément à la visite de cet appartement lumineux et à la chaleur accueillante, l'aspect économique, lui, semble moins évident. Pourtant la famille Gallavardin a voulu ce projet aussi respectueux de l'environnement que rentable. "Nous avons opté pour une rénovation écologique mais en faisant le choix d'utiliser des matériaux bon marché dans ce domaine, de plus nous avons conservé au maximum l'existant: tommettes et menuiseries d'origine par exemple", précise l'architecte. A noter comme utilisation originale et économique: des plaques d'OSB, généralement utilisées en dessous des planchers viennent ici comme revêtement de sol et de mur, comme un rappel déco donnant une unité à l'ensemble de la maison. Économie dans les matériaux donc mais aussi un gain d'espace qui rapporte. La famille qui avait acheté un T3 de 53 mètres carrés dispose à l'issue des travaux d'un T4 de 70 mètres carrés. Et lorsque la question du surcoût de la construction écologique est évoqué, la réponse de l'architecte est sans appel:"Ce qu'on a mis en plus, nous allons le récupérer grâce aux crédits d'impôt sur l'isolation des parois opaques". En ce qui concerne l'éco-prêt à taux 0 "nous avons malheureusement commencé les travaux trop tôt" regrette Charles Gallavardin. Au final pourtant, l'équation est plutôt gagnante pour la famille. En comptant les 53.000 euros de travaux leur appartement leur sera revenu 210.000 euros. Sur le long terme, Charles Gallavardin, estime qu'il n'aura pas perdu d'argent. « D'ici 10 ans, il sera très dur de vendre une maison classé E ou F au DPE. Construire écologique c'est avant tout un investissement sur le long terme. » Ainsi la famille pense encore ajouter quelques éléments pour peaufiner l'appartement: des placards dans la chambre et peut-être un chauffe-eau solaire. "C'est un projet qu'on a, mais il faut voir si cela reste rentable confie Charles Gallavardin. Il ne faut pas être extrémiste et faire du 100% écolo, mais plutot trouver le bon équilibre du projet" A l'image de cette rénovation marseillaise, des moyens en rapport avec les besoins restent sans doute la seule recette miracle de l'écoconsruction. |
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