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Installation alarme : le choix du professionnel

Parmi les 3.000 installateurs d’alarme recensés en France, il convient de différencier les électriciens qui installent les offres dites ‘packaging’, des professionnels certifiés qui appliquent sur chaque chantier des solutions personnalisées.

"Beaucoup d’électriciens se sont lancés dans l’installation d’alarmes ; or, c’est un métier à part entière. Par ailleurs, nombre de sociétés ne déclarent pas leur personnel, ce qui permet de proposer des prix moins chers", explique Danièle Meslier, déléguée générale de l’Association des métiers de la sécurité, qui regroupent essentiellement des petites et moyennes entreprises de l’alarme et de la télésurveillance. Elle voit dans le développement, parfois 'désordonné', du marché de l’alarme et les mauvaises pratiques rencontrées chez quelques-uns de ses ‘confrères’, des justifications supplémentaires "à recourir à des entreprises de proximité, des entreprises locales qui respectent une déontologie". Et de mettre en avant la charte de bonne conduite de son organisme, à laquelle tout membre de l’association (ils sont environ 70) doit se conformer.

Ainsi, parmi les règles à respecter, les entreprises doivent, entre autres, "souscrire à une assurance de responsabilité civile et déclarer leur personnel impliqué sur une installation, avoir recours à du matériel doté des normes NF A2P, APSAD ou, à la rigueur, être titulaire d’un agrément ‘radio assurance’ délivré par les assureurs pour les alarmes sans fils", énumère la responsable associative. De même, "les produits utilisés doivent avoir été testés en laboratoire par le Centre national de prévention et de protection", dit-elle.

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Au-delà de ces critères de qualification, l’installateur ne posera pas le système sans une étude préalable et une discussion avec son client. "Il effectuera tout d’abord une analyse de risque", explique Didier Luminet, gérant de l’entreprise Vidéo Veille Sécurité, située dans l’Allier (03). "C’est une expertise en fonction de plusieurs critères, qui permettra par la suite de déterminer exactement les besoins du client".

Parmi les critères pris en ligne de compte : la disposition de l’habitation, son environnement extérieur (en milieu urbain, en lotissement ou en milieu isolé), le nombre d’habitants, les animaux de compagnie, les modes de vie, les signes extérieurs de richesses et, bien sûr, les biens et leur valeur à protéger. "Le risque n’est pas le même pour un pavillon qui ne paie pas de mine, que pour une maison isolée avec trois grosses cylindrées dans le parc", assure le professionnel.

Bien sûr, le devis doit être représentatif de ces paramètres. Par exemple, si vous possédez un animal domestique dans une maison de 100m², il faudra prévoir un détecteur d'ouverture (230 euros pièce) par porte (une douzaine en moyenne) au lieu des deux ou trois détecteurs de mouvement normalement conseillés.

L’ensemble des constatations issues de cette analyse doit ensuite faire l’objet d’un compte rendu sur un document spécifique ou être reporté sur le devis. Ce dernier devra alors faire mention de toutes les étapes et de l’ensemble des systèmes installés. Ainsi, concernant les détecteurs par exemple, "l’installateur devra préciser leur nombre ainsi que les pièces pour lesquelles ils sont destinés", explique Danièle Meslier.

En clair, à chaque habitation doit correspondre un système d’alarme spécifique. A en croire la déléguée générale de l’ADMS et Didier Luminet, on est loin donc d’un système ‘clé en main’. "Il arrive que des systèmes soient proposés directement dans des agences d’assurances, sur comptoir, sous forme de packaging", raconte l’entrepreneur. "Le client fait confiance à son assureur qu’il connaît depuis des années mais, derrière, agit une structure commerciale qui sous-traitera ensuite l’installation. Il n’y aura pas d’expertise et la notion de responsabilité sera diluée. Bref, la logique financière l’emporte sur la logique sécuritaire". Un cas de figure récurrent mais pas généralisé puisque Didier Luminet travaille également avec des compagnies d’assurances tout en respectant les critères de déontologies de la profession (expertise préalable, devis personnalisé, etc.).

Toutefois, face aux offres alléchantes des banques et des assurances, il enjoint les particuliers à rester prudent. Là encore, la clef de la réussite du chantier est une bonne définition des besoins.

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